Archives du mot-clé Histoire XX° siècle

« LA DANSE DU MAL », UN ROMAN POLÉMIQUE ? Entretien avec Michel Benoît

Le Coran, la Bible, le Vatican le fanatisme religieux, sont autant de thèmes que Michel Benoît aime à dépecer dans ses romans. La danse du mal, paru le 1er mars, est un thriller religieux à l’allure de VALSE TERRIFIANTE.

 Lecthot : Avec un ouvrage tel que La Danse du mal, ne craigniez-vous pas de créer la polémique ? Lire la suite

TRUMP, BREXIT, FRANCE, etc… Y a-t-il une vérité (alternative) ?

La vérité politique, économique, juridique, existe-t-elle ? Quand l’administration Trump parle de « vérité alternative », où est-ce que cela nous mène ? Vers le chaos ?

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LE DÉCLIN FRANÇAIS NE DATE PAS D’AUJOURD’HUI (les primaires des primates)

Étonnante carrière que celle de Jacques Benoist-Méchin ! Il a quarante ans quand il rentre, en juin 1941, au gouvernement Pétain comme secrétaire d’état. Sa parfaite connaissance de la langue comme de la culture allemande lui permet de jouer un rôle important dans les négociations que ne cessera de tenter le gouvernement de Vichy avec Hitler. Sa passion pour la grandeur et l’indépendance de la France le rend méfiant aussi bien de l’occupant nazi que des anglo-américains, dans lesquels il voit – non sans raison – des charognards prêts à démanteler l’Empire français pour s’en partager les dépouilles. Il pressent qu’un jour, une Europe naîtra, ancrée autour du couple franco-allemand. Que l’Angleterre n’en fera pas partie, que l’Amérique cherchera toujours à la contrôler, voire à l’étouffer. C’est pourquoi – par excès de patriotisme – il choisit la collaboration avec l’Allemagne. Comme des millions de Français d’alors, aveuglés par la douleur de la défaite, il s’est trompé de combat. Ce visionnaire n’était pas un prophète.

Mais il n’était pas aveugle et voyait juste. Voici ce qu’il écrivait, trois mois avant son arrestation par la Résistance en septembre 1944 : Lire la suite

AU NOM DU LIVRE, AU NOM DU TEMPLE – L’héritage messianique

             « Je ne crois pas que les livres puisent changer le monde. Mais lorsque le monde commence à changer, alors il se cherche un livre nouveau » (1) Lire la suite

UN INTELLECTUEL PEUT-IL ÊTRE SUPPORTABLE ? (André Glucksmann)

            Un intellectuel, c’est quelqu’un qui cherche à comprendre (intellligere) le monde tel qu’il est, et les humains tels qu’ils sont.

            Dans cette quête, Platon, Aristote et leurs successeurs (Thomas d’Aquin) ont isolé des transcendantaux, attributs généraux de l’Être qui dépassent toutes ses manifestations ou catégories. Les transcendantaux expriment les propriétés communes à tout ce qui est, ils sont convertibles l’un dans l’autre. On en distingue principalement quatre : l’Être (le fait d’être), l’Un (l’unité de l’Être), le Vrai (la vérité de l’Être) et le Bon (la qualité de l’Être avant ses manifestations accidentelles).

Y a-t-il une seule Vérité ?

            Cette réflexion métaphysiques prend toute son actualité autour de l’un des transcendantaux, la Vérité. Pendant de siècles les religions monothéistes (judaïsme, christianisme, islam) ont affirmé que la Vérité était une (puisque l’Être est un) et elles en ont tiré leur conclusion : « Il n’y a qu’une seule vérité, la nôtre, elle est immuable. Cette vérité elle est bonne, nous la possédons et nous l’imposerons au monde pour son bien »

Comment ? En théorie par la persuasion, mais en fait par la force et la violence faite aux consciences et aux corps. Ce fut l’Inquisition, c’est le sionisme et l’islamisme. Lire la suite

PEUT-ON ENCORE ESPÉRER ?

Depuis sa naissance, l’humanité s’est trouvée de bonnes raisons d’espérer.

1. La mort, espoir d’une vie

Le premier, Paul de Tarse a marqué le christianisme en enseignant que la vie ne vaut que par la mort, que le bonheur n’est pas ici-bas mais dans l’au-delà. La mort cessait d’être crainte pour être désirée : « Pour moi dit-il, mourir est un gain ». (1)

Il avait sans doute reçu cette philosophie d’abord de son éducation grecque. En milieu juif, elle s’était radicalisée dans les écrits esséniens qui associent la mort à un messianisme échevelé : mourir, pour les Fils de Lumière, c’est anticiper le retour du Messie et aller au paradis. J’ai montré que ces écrits étaient à l’origine de la mystique du chahid, le martyre pour Allah, inscrite en lettres de feu dans des versets du Coran qu’invoquent les islamistes. (2)

2. Heureuse souffrance Lire la suite

ISRAËL EN PALESTINE : LE QUATRIÈME REICH ?

Une fois de plus, Israël massacre impunément des civils Palestiniens, et cela dure depuis cinquante ans. Aucun « processus de paix » n’a abouti, aucun n’aboutira jamais.

Pour comprendre, il faut relire quelques passages du Livre de Josué, écrit au milieu du VI° siècle avant J.C., quand les Hébreux exilés à Babylone recomposaient un passé devenu mythique.

La Shoah des Palestiniens (Nakbah)

Il est donc écrit dans la Bible que sur l’ordre de son dieu, Josué envahit la Palestine : « Tous ses voisins se sont unis pour combattre Israël. Mais Josué est tombé sur eux à l’improviste, les a battus et poursuivis jusqu’au Liban (1). » Vient ensuite la description complaisante du premier génocide attesté par l’Histoire: « Josué attaque les villages en partant du centre, et massacre tout être vivant, sans laisser échapper personne. Tous sont passés au fil de l’épée. Il soumet ainsi tout le pays jusqu’à Gaza, sans laisser un seul survivant (2). » Génocide accompagné d’une spoliation des biens : les Juifs « s’emparent des villes par la violence, ils en éliminent les autochtones par le massacre, sans rémission. Quand il n’est plus resté aucun Palestinien, Josué a pris possession de cette terre et l’a distribuée aux tribus juives (3). » Puis il déclare : « Toutes ces populations que nous avons exterminées, Dieu les a dépossédées pour vous… Prenez possession de leurs terres, des terres qui ne vous ont demandé aucune fatigue, des villes bâties par d’autres dans lesquelles vous allez vous installer, des vignes et des oliveraies que vous n’avez pas plantées (4)… Les juifs bâtirent des villages dans les terres spoliées, et s’y établirent (5). »

Il encercle Jéricho dont la population est systématiquement éliminée, comme celle du ghetto de Varsovie : « Jéricho est enfermée et barricadée : nul n’en sort ou n’y rentre. Après y avoir pénétré, les juifs ont massacré tous ceux qui s’y trouvaient, hommes, femmes, enfants (6). »

Cela ne vous dit rien ? Spoliations des biens, ghettos anéantis, extermination programmée… Hitler n’avait rien inventé, tout était déjà dans la Bible.

Entre les populations spoliées et leurs spoliateurs, aucune coexistence ne sera jamais possible : « Nous devons savoir, déclare Josué, que les populations [autochtones] que nous n’avons pas réussi à chasser vont constituer pour nous une menace permanente, une épine dans notre flanc et un chardon dans nos yeux. Et ceci, jusqu’à ce qu’ils nous aient été rayés du sol (7). » C’est eux, ou nous. S’engage alors un engrenage de la violence, et plus tard le héros juif Samson déclare : « Nous ne serons quitte envers les autochtones qu’en leur faisant du mal (8). » À quoi ils répondent : « Nous faisons la guerre aux Juifs parce qu’ils se sont emparés de notre pays. Rendez nous ces terres, maintenant ! » (8)

 Le Messianisme et l’obsession du Royaume

Dans Naissance du Coran, j’ai raconté comment, à partir du Livre de Josué, était née l’idéologie messianique chez les Juifs exilés à Babylone qui rêvaient de reprendre possession de leur terre : le Royaume de David et surtout Jérusalem, lieu du retour du Messie et donc centre du monde.

Ce Royaume de David, qui se serait étendu de l’Euphrate (Irak) jusqu’à Gaza, on sait maintenant que c’est un mythe. L’ambition des Juifs se limitait à sa reconquête. Ils avaient dû émigrer par la force, et c’est par la force qu’ils reviendraient. S’ils considéraient que ce retour se ferait, comme autrefois sous Josué, par une guerre d’extermination, jamais leur ambition n’a été mondiale. Elle se limitait à Heretz Israël, le Grand Israël, avec Jérusalem pour capitale.

Issue du judaïsme, la chrétienté a hérité de son idéologie messianique en étendant son ambition à la terre entière. La Cité des hommes devait devenir la Cité de Dieu.

Dans Naissance du Coran, je montre comment des Arabes, endoctrinés par des judéo-chrétiens nazôréens, ont adopté au 7e siècle ce messianisme dans sa version la plus dure. Ils résidaient en Syrie : voulant rééditer les exploits mythiques de Josué, ils se sont d’abord appelés les émigrés, muhadjirûn, « ceux qui reviennent chez eux ». Mais contrairement aux Juifs leur ambition ne se limitait pas à la reconquête du Royaume de David, elle était devenue mondiale. Au bout d’un siècle, abandonnant le mot muhadjirûn, ils s’appelèrent eux-mêmes mouslims – « ceux qui sont soumis à Allah », au Coran et à son Prophète.

Depuis lors, deux puissances messianiques se sont affrontées, elles s’affrontent toujours. L’Occident chrétien et le monde musulman, animés de la même ambition planétaire : leur Royaume, c’est le monde entier.

Pourquoi alors les musulmans s’en prennent-ils aux Juifs, dont l’ambition de conquête n’a jamais dépassé le Grand Israël ?

À cause de Jérusalem, lieu saint par son Histoire – et parce que c’est là que le Messie doit revenir.

Pendant plusieurs siècles, la conscience messianique des Arabes et l’ambition qui l’accompagne s’étaient endormies. Elle se sont réveillées au 20e siècle sous l’action de plusieurs facteurs – fin de l’époque coloniale et de ses humiliations, perte d’identité de la chrétienté, argent du pétrole.

Coïncidence ? Au même moment, deux totalitarismes adoptaient une version laïque du messianisme : le communisme, et le nazisme. Avec les méthodes qui furent celles de Josué, la conquête par l’extermination.

Le communisme s’est effondré, le nazisme a été vaincu. Restent face à face trois puissances messianiques : les Juifs qui jamais n’abandonneront le rêve du Grand Israël, l’Occident qui n’a pas oublié ses racines chrétiennes, et l’islam.

Les civilisations apparaissent, puis disparaissent. Le messianisme ne disparaîtra pas, parce qu’il possède sur elles un atout essentiel : il offre à ses adeptes le rêve du retour à un paradis perdu. Qu’il faille, pour y parvenir, violer les lois établies pour la préservation de l’humanité, cela importe peu à un messianiste. L’humanité qu’il veut rétablir n’est pas celle-ci, qui doit disparaître pour que naisse le monde nouveau. Société sans classes, Reich Aryen ou Paradis promis aux mouslims, ce sont des rêves.

Les rêves ne meurent pas.

C’est en journaliste et en témoin scrupuleux que Charles Enderlin a publié récemment Au nom du Temple. Son livre est une illustration de Naissance du Coran : il décrit le retour irrésistible du messianisme au sein des gouvernements israéliens successifs, appliquant aux infortunés Palestiniens les méthodes qui ont autrefois tenté d’éradiquer les Juifs du Troisième Reich.

Après les crimes de la dernière guerre dont il fut l’artisan ou le complice, tétanisé par sa mauvaise conscience, l’Occident ferme les yeux et laisse faire la Nakhbah, équivalent palestinien de la Shoah. Et si certains chez nous s’indignent du traitement appliqué aux civils de Gaza, nos ministres se contentent « d’appeler le gouvernement israélien à la modération », comme M. Le Drihan ce matin.

Appeler des messianistes à la modération, on croit rêver ! C’est ignorer ce qu’est le messianisme, c’est méconnaître les trois mille ans d’Histoire au cours desquels il s’est exprimé dans une longue traînée de sang et d’horreur.

J’ose imaginer que ces ministres sont tout, sauf ignorants.

Si ce n’est pas de l’ignorance, alors, de quoi s’agit-il ?

                                                                                          M.B., 13 juillet 2014.
P.S. : pour ceux que cela intéresse, en plus de Naissance du Coran cliquez en haut sur « Articles ». A droite cliquez sur « Liste des Catégories » : dans la catégorie « Judaïsme », vous trouverez plusieurs articles sur le sujet.

(1) La Bible, Livre de Josué, chap. 11.

(2) Livre de Josué, chap. 10

(3) Livre de Josué, chap. 11. J’appelle Palestiniens les populations locales, qui ne prendront ce nom (phalistin) que plus tard.

(4) Livre de Josué, chap. 24

(5) Livre des Juges, chap. 21

(6) Livre de Josué, chap. 6.

(7) Livre de Josué, chap. 23

(8) Livre des Juges, chap. 11