Archives du mot-clé Pensée Unique

LES MUSULMANS DANS L’IMPASSE ? Pour une autre lecture du Coran.

En publiant Naissance du Coran au mois de mai dernier, je n’imaginais pas que ce petit livre serait à ce point rejoint par l’actualité. Ni que je vous résumerais aujourd’hui ces 140 pages qui synthétisent un siècle de recherche.

            L’islam est une religion sans autorité centrale, sans clergé hiérarchisé. Pas de pape ou de Dalaï-lama, pas de Conférence épiscopale, de Consistoire. Seulement des imams, autoproclamés ou désignés par une communauté qui peut les désavouer à tout instant.

            La seule autorité qui s’impose à tous les musulmans, pacifiques comme djihadistes, c’est le Coran et son Prophète. Il suffit de confesser le Prophète et de se soumettre au Coran pour devenir musulman.

            C’est pourquoi j’ai commencé, il y a dix ans, à étudier ce texte. Lire la suite

SACCAGE DU MUSÉE DE MOSSOUL, AN I DE L’ISLAM

Effacer la mémoire de l’Occident.

Mossoul n’est pas Tombouctou, c’est une des capitales de l’Irak, fière  de son musée où étaient entreposés les chefs d’œuvres significatifs des origines de la culture mondiale.

Statues et bas-reliefs patiemment exhumés des sables par des générations d’archéologues, pour que nous n’oublions pas d’où nous venons.

Abattus, martelés, concassés par des djihadistes pris de folie. Lire la suite

VOUS AVEZ DIT ‘’ ISLAMO-FASCISME’’ ?

J’entends des politiques & journalistes employer avec gourmandise un nouveau gargarisme, le mot composé « islamo-fascisme ». Ils s’en rincent les dents avec des mines effarouchées, à savoir qui fut le premier à oser l’employer…

            Aucun d’entre eux n’a lu Naissance du Coran, ni les études savantes d’où j’ai tiré ce savoureux petit essai. Comme ils n’ont pas besoin de savoir de quoi ils parlent pour parler, je répète ici (et je prends les noms de ceux qui n’écoutent pas).

            L’islam est né du Coran, et le Coran, quoiqu’en dise la légende musulmane, n’est pas né de rien.

           Tout est là. Lire la suite

LES MUSULMANS DANS L’IMPASSE (III) : le déni de réalité (Ali Malek)

            L’islam des terroristes djihadistes est-il le vrai islam ? Leur violence est-elle compatible avec une religion qui se prétend meilleure que toutes les autres ?

            Les penseurs musulmans qui tentent de résoudre cette impasse avancent deux types de solutions : Lire la suite

LES MUSULMANS DANS L’IMPASSE (II) : Quelques réactions de musulmans.

            Un lecteur me signale quelques réactions de musulmans qu’il est utile de relire, pour comprendre l’impasse dans laquelle ils se trouvent, et nous avec eux (1).

I. Souffrance des musulmans

Ils sont les premiers à souffrir du radicalisme des islamistes. Cette souffrance, certains l’expriment douloureusement, comme si ce radicalisme les poussait hors d’eux-mêmes :

« J’ai décidé de combattre l’islam. S’il vous plaît comprenez ma déclaration : combattre l’islam – pas l’islam politique, pas l’islam militant, pas l’islam radical, pas l’islam wahhabite, mais l’islam en lui-même… L’islam n’a jamais été incompris, l’islam est le problème… [Les musulmans] doivent comprendre qu’ils n’ont que deux choix : changer [l’islam], ou être écrasés. » (2) Lire la suite

PAPA FRANÇOIS A OUBLIÉ PAPPY JÉSUS ?

                Le pape françois jouit d’un important capital de sympathie auprès des foules, c’est bien. Ce qu’on dit un peu moins, c’est qu’il a eu le courage d’attaquer de front la Curie romaine, son fonctionnement, son absence de valeurs religieuses, ses magouilles. Du courage, il lui en fallait quand on se rappelle que son prédécesseur Jean-Paul 1er est mort quelques semaines après avoir annoncé naïvement sa volonté de réformer la même Curie. Lire la suite

DES MUSULMANS DANS L’IMPASSE (I) : quelques réactions à « Charlie » d’intellectuels musulmans, A. Bidar, G. Bencheikh, S. Aldeeb, M. Talbi.

            Voici quatre réactions à ‘’Charlie’’ d’intellectuels musulmans (1), choisies parmi d’autres parce qu’elles illustrent l’impasse dans laquelle se trouve actuellement l’islam (2). Lire la suite

CHARLIE HEBDO (3) : L’IMPASSE DE LA PENSÉE UNIQUE

Depuis 3 jours, c’est un déluge tonitruant de Pensée Unique. Je n’ai entendu que deux voix (1), discrètes, deux gouttes d’eau dans le torrent du bien-penser français.

D’où parlent ces trompettes de la renommée ?

1- Pour les journalistes et les politiques, je l’ai signalé (2), d’une culture catholique le plus souvent rejetée mais qui a formaté à leur insu leurs présupposés et leurs tics de pensée. Lire la suite

L’UTOPIE SOCIALISTE : LES MOTS, ET LA RÉALITÉ

            Utopie vient du grec où-topos qui signifie exactement « lieu non-inexistant. »

            L’utopie est une réalité virtuelle, qui n’existe nulle part ailleurs que dans les mots qui la décrivent.

            Des mots qui font rêver à une société parfaite, dans laquelle les individus vivraient dans l’harmonie, l’égalité, l’abondance.

Le premier « programme de gauche »

            Je vous renvoie à un article écrit en 2012 dans ce blog sur « Le premier programme de gauche » attesté par l’Histoire. C’était à Jérusalem, peu après la mort de Jésus. Chaque converti à la nouvelle religion était invité à « ne pas considérer comme sa propriété l’un quelconque de ses biens… Nul parmi eux n’était [plus] indigent : ceux qui possédaient des terrains, des maisons [ou des biens] les vendaient, apportaient l’argent et le déposaient aux pieds des apôtres. Chacun en recevait une part selon ses besoins. » (1)

            Le résultat, ce fut la faillite de l’Église de Jérusalem. Une faillite tellement retentissante, que Paul de Tarse fut obligé d’organiser dans tout l’Empire une collecte pour venir en aide à la communauté socialiste de Jérusalem, sinistrée financièrement.

            Pourtant Jésus n’a jamais condamné le système capitaliste qui était en vigueur de son temps. Jamais il n’a condamné la richesse des riches : il conseille seulement de se « faire des amis avec l’argent trompeur », c’est-à-dire de bien gérer son capital, dans la justice (cliquez).

 François Mitterrand et l’argent

             Faut-il rappeler que Mitterrand a d’abord été élève des bons Pères d’Angoulême avant de faire ses classes politiques chez les Pères Maristes de la rue de Vaugirard ? C’est en catholique convaincu qu’il écrivait alors : « Il n’y a qu’un seul rôle à jouer dans les groupes politiques auxquels il faut adhérer, et qui sont admis par l’Église : les directives et les principes de notre foi… Seul le christianisme est capable d’entreprendre une rénovation totale. » (2)

            En 1968, après un parcours tortueux à Vichy d’abord puis sous la IVe République, il devient un « homme de gauche ». C’est dans le plus pur jargon catholique qu’il explique sa conversion au socialisme : « Je ne suis pas né socialiste, la grâce efficace a mis longtemps à faire son chemin jusqu’à moi. J’ai dû me contenter de la grâce suffisante… Le socialisme… dispose de plusieurs vérités révélées et, dans chaque chapelle, des prêtres qui veillent… J’ai lu ses livres sacrés… Hélas, le socialisme produit plus de théologiens que de servants. »

            À cette époque, Guy Mollet dira de lui : « Mitterrand n’est pas devenu socialiste, il a appris à parler socialiste, nuance ! »

            Des mots donc, les mots de l’utopie : « Les socialistes estiment qu’il ne peut exister de démocratie réelle dans la société capitaliste. C’est en ce sens qu’ils sont révolutionnaires. Le socialisme a pour objectif le bien commun et non le profit privé. Il ne s’agit pas d’aménager un système, mais de lui en substituer un autre. »

            Et encore : « La structure économique du capitalisme est une dictature… La mutation que nous proposons doit aboutir à la suppression du capitalisme. »

            Des mots qu’il enfonce au Congrès d’Épinay de 1971 : « Réforme, ou révolution ? … Oui, révolution ! Rupture avec l’ordre établi, avec la société capitaliste. »

            Et enfin, cette profession de foi qui en rappelle une autre :

            « Le véritable ennemi, le seul… c’est… toutes les puissances de l’argent, l’argent qui corrompt, l’argent qui achète, l’argent qui écrase, l’argent qui tue, l’argent qui ruine, et l’argent qui pourrit jusqu’à la conscience des hommes !

            On sait ce qu’il en sera de l’utopie quand elle sera confrontée à la réalité : en 1983, virage à 180° et gestion prudente de la société capitaliste. Avec des trous à boucher.

            Même chose chez François Hollande : un discours de campagne où il affirme que son « seul ennemi, il est invisible, c’est la finance ! » Et deux ans plus tard, tournez casaque.  Avec des trous qui se creusent.

            Autrement dit, d’abord un discours utopique pour attraper les mouches. Car il y a dans la société française, depuis 1792, une stupéfiante permanence du gauchisme utopique. Il ressurgit périodiquement, en 1848, en 1871 avec la Commune de Paris, en 1936, en mai 1968.

            Cette frange de la société française parle haut et fort, descend dans la rue, clame l’utopie, le « lieu de nulle part. »

            Et ensuite, vient la réalité.

            L’utopie ne sert que quand on s’en sépare.

          On se souvient du discours de Tony Blair devant le Parlement Français : « Il n’y a pas une économie de gauche et une économie de droite, il y a l’économie qui marche et celle qui ne marche pas. »

            Si l’utopie pouvait devenir réalité, si l’idéologie socialiste pouvait « marcher », il y a longtemps que la planète serait socialiste, et moi le premier.

            Car l’utopie est fascinante, elle est parée de tous les attraits, elle captive comme un rêve éveillé.

            Mais les vrais réveils sont vraiment douloureux.

                                                M.B., 21 novembre 2014
(1) Actes des apôtres, 4, 32.
(2) Je tire ces propos de François Mitterrand de l’excellent ouvrage de Catherine Nay, Le noir et le rouge, Grasset, 1984.

« NAISSANCE DU CORAN » : la critique d’un académicien

Un ami, mathématicien de haut vol et académicien, m’écrit ceci :

« J’ai dévoré ton livre en 2 jours (il est court.) Même si on ne souscrit pas à tes hypothèses, on y apprend plein de trucs. Bravo ! »

Je lui réponds cela :

Ce n’est pas à toi que j’apprendrai ce que c’est qu’une hypothèse. C’est une piste de travail, un chantier qu’on ouvre.

Si d’autres confirment cette hypothèse. Si, après l’avoir vérifiée, ils s’en emparent pour la prolonger. Si, travaillant  chacun de leur côté, ils parviennent tous à la même conclusion… alors, l’hypothèse se transforme en certitude.

Mais en science il n’y a pas de certitude définitive, et l’Histoire n’échappe pas à cette règle (cliquez).

Pour écrire Naissance du Coran, pendant des années j’ai confronté les travaux de chercheurs indépendants (c’est-à-dire non-musulmans.) Mises en perspective, leurs hypothèses se validaient l’une l’autre, et une vue d’ensemble se dégageait.

C’est cette vue d’ensemble que je propose au lecteur.

Non pas comme une théorie, une de plus. Mais pour l’aider à poser les bonnes questions, l’inciter à réfléchir.

Dans les 400 notes qui accompagnent ce texte court, tu trouveras toutes mes sources.

Si le cœur t’en dit, vérifie toi aussi.

Tu seras sur le chemin des vérités provisoires, mais indispensables pour comprendre ce qui se passe sur notre planète depuis que le Coran est né, il y a 13 siècles.

Bonne route !

M.B., 10 mai 2014