TRUMP : L’ART DU MENSONGE

« La parole, disait Talleyrand, a été donnée à l’homme pour dissimuler sa pensée. » Si c’est vrai, alors M. Trump est un grand artiste du mensonge officiel et proclamé.

Voilà un Président des USA qui jure solennellement sur la Bible de « protéger, préserver et défendre » la Constitution américaine – il est 11 heures ce 20 janvier 2025 – et qui publie à 17 heures six décrets dont quatre violent cette Constitution. Et chacune des semaines qui suivront jusqu’à aujourd’hui (parfois chaque jour) voit une nouvelle violation flagrante de ce texte fondateur.

Car qu’est-ce que les États-Unis ? Un ensemble hétéroclite de gens venus de partout, qui n’avaient en arrivant rien en commun – ni la langue, ni l’histoire, ni la religion, ni les coutumes, ni même les valeurs. Mais qui forment une nation parce qu’ils se reconnaissent dans l’intégralité de leur Constitution, dans sa primauté absolue, se soumettent à elle, voient en elle le seul lien qui les réunit tous.

Porter atteinte à la Constitution américaine, c’est détruire les USA. Mépriser la Constitution c’est mépriser chaque Américain, qui n’existe que par elle. Sans la Constitution, c’en est fini de la République fédérale Américaine.

La liste de ces violations est interminable. Au hasard : à l’intérieur, muselage de la presse, attaque des Universités, fin de l’indépendance de la justice, amnistie des émeutiers criminels du 6 janvier 2021, arrestations arbitraires et violentes de gens au faciès non-blanc, instauration de droits de douane sans l’aval du Congrés, main-mise sur la religion évangélique transformée en instrument de pouvoir, etc., etc.

A l’extérieur mépris et destruction du droit et de l’ordre international, ingérences multiples dans des États souverains, guerres sous couvert « d’actions policières », projets d’annexions et d’invasions, etc. etc.

« Ma seule loi, a déclaré M. Trump, c’est ma conscience. » il a fait ce jour-là une petite erreur : sa seule loi c’est l’argent et le profit.

On sait que depuis 1920, la mafia américaine a toujours été plus ou moins proche de l’administration. L’ambassadeur Joseph Kennedy, père de John F., ne se cachait pas de faire avec elle des affaires juteuses. Avec Trump une ligne rouge est franchie : pour la première fois depuis 1776 les États-Unis – et le monde avec eux – ont à leur tête un chef mafieux qui s’est enrichi – et sa ‘’famille’’ avec lui, de façon considérable : au moins1,5 milliards de $ pour le seul Parrain cette année.

Trump a été élu sur un slogan : Make América Great Again, rendre sa grandeur à l’Amérique. Mais c’est le slogan inverse qui a pris sa place : Make America Weaker as Ever, rendre l’Amérique faible comme elle ne l’a jamais été.

L’inflation due aux droits de douane rend aux Américains la vie toujours plus difficile. Un climat de peur s’installe dans les états démocrates. Pour la première fois de leur histoire, les USA ont fait alliance avec la Russie contre  l’Europe. Pour la première fois ils ont trahi leurs alliés historiques devenus des adversaires, mis en danger l’OTAN garant de la paix mondiale. Moins tonitruant mais plus grave encore : sous Trump l’Amérique a perdu son soft power sur la planète : la liberté d’Hollywood, les penseurs ‘’libres’’ menacés, les aids partout supprimées. Les peuples cessent peu à peu d’admirer l’Amérique, de l’aimer et de lui faire confiance.

Au fait, M. Trump a-t-il une pensée politique ? Non, il est clair que sa pensée est celle du tiroir-caisse. Mais autour de lui il y a des idéologues redoutables, encore plus violents et radicaux que lui. Et il entraîne à sa suite quelques dizaines de millions d’Américains, les suprémacistes blancs ou néo-fascistes de toujours.

On dit que ce qui se passe un jour aux États-Unis arrive le lendemain en Europe. Dans les mois, dans les années qui viennent, sortez vos parapluies : le temps va se gâter.

                                                                              M.B., 19 février 2025

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