Archives du mot-clé Judaïsme

QUOI DE NEUF ? LES PSAUMES (II)

 

Les psaumes sont des prières juives écrites par des Juifs entre le 6e et le 3e siècle avant J.C. En fait, certains remontent peut-être à l’époque du roi David (1) à qui l’ensemble du Psautier (le recueil des 150 psaumes) a été attribué par la tradition juive. Or – et c’est étonnant -, alors qu’elle se séparait de la Synagogue, dès son origine la jeune Église chrétienne a considéré ces textes juifs comme sa prière de référence. Au 6e siècle, la Règle des moines dite ‘’de Saint Benoit’’ explique que, « puisque les moines d’aujourd’hui n’ont pas la force comme les Anciens de réciter les 150 psaumes en une journée », qu’ils en récitent au moins une bonne quantité répartie sur les 7 Offices du jour et de la nuit. Plus tard au milieu du Moyen-âge, le bréviaire imposé aux prêtres les a obligés à dire la totalité du psautier en une semaine. Et les psaumes furent introduits dans le rituel de la messe.

Fallait-il donc devenir un Juif-aux-psaumes pour être chrétien ? Lire la suite

QUOI DE NEUF ? LES PSAUMES (I)

En ce printemps qui tarde à venir, je ressens comme un goût d’automne. Le poids des souvenirs de toute ma vie se fait plus lourd. Cruellement, elle m’apparaît non pas telle que je l’avais rêvée, mais pour ce qu’elle fut – et rien n’y peut changer. Échecs, déceptions, tristesses, abandons, désespoir parfois, semblent y avoir laissé des empreintes plus durables que les joies. Très tôt, quand l’air s’obscurcissait, quand ce que je croyais stable et acquis pour toujours disparaissait, quand je perdais souffle au milieu des flot déferlants, très tôt j’ai cherché une bouée pour survivre intérieurement. Et je suis tombé sur un petit livre qui tient au creux de la main : le Psautier, ce recueil de 150 poèmes attribués au roi David, un Juif qui vécut il y a trois mille ans. Lire la suite

Cycle : La civilisation occidentale peut-elle mourir ? (III) DESTINÉES DE LA CIVILISATION OCCIDENTALE

  Au terme de ces trois conférences sur la civilisation occidentale, vous attendez peut-être de moi une conclusion. Comme disait Flaubert, « La bêtise, c’est de vouloir conclure ». Je vais donc replacer notre réflexion dans un contexte plus vaste, entr’ouvrir quelques portes et vous laisser le soin de pousser l’une ou l’autre selon vos besoins.

Nous avons vu qu’une civilisation ce sont d’abord des valeurs, étroitement liées à une religion qui les précède ou les accompagne. Alain Peyrefitte écrivait en 1976 : « En Occident, la ferveur religieuse est retombée. Mais le mode de pensée qu’avait secrété la religion marque toujours les esprits. La société religieuse a fait naître une civilisation à son image, et cette civilisation se reproduit » (1). C’était le thème de la 1re conférence.

Des valeurs, qui engendrent une culture et un art de vivre en commun. C’est ainsi que la civilisation occidentale est née du christianisme en même temps que de l’héritage gréco-romain. Mais ces valeurs sont fragiles et aujourd’hui menacées. En 1957, recevant à Stockholm son prix Nobel, Albert Camus faisait ce bilan amer mais réaliste : « Nous sommes les héritiers d’une histoire de révolutions déchues, de techniques devenues folles, de dieux morts et d’idéologies exténuées ». Reprenons d’abord chaque point de ce bilan.

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CYCLE « LA CIVILISATION OCCIDENTALE » (II) : L’OCCIDENT AU PÉRIL DES MESSIANISMES. L’ISLAM… ET LES AUTRES.

 Nous nous sommes quittés (1) sur quelques constats. Le 1er d’ordre général : toutes les civilisations sont nées en même temps qu’une religion, qui produisait des valeurs communes et une culture commune. Sans valeurs, pas de civilisation. Le 2d plus particulier : peu de temps après sa mort,, la personne du Juif Jésus a été transformée en Messie. Nous avons vu que Jésus lui-même  avait refusé de son vivant ce titre de Messie. Comment donc, par la suite, ce titre a-t-il donné naissance à l’idéologie la plus meurtrière que l’humanité ait jamais connue : le messianisme ? Pour répondre à cette question, il nous faut remonter 3000 ans en arrière. Lire la suite

LONGUE EST LA NUIT (III) : Un homme devient Dieu

  Au lendemain du 9 avril 30, la nuit tombait sur les disciples d’un crucifié. La ‘révolution-Jésus’’ – un Dieu tendre et aimant, tout être humain ‘’prochain’’ des autres, la religion-boutique des Juifs ouverte au monde, l’amour et l’espoir remplaçant la crainte -, tout cela avait été cloué sur une croix. Était-ce la fin du beau rêve ?

Les disciples relevèrent la tête. Pour que ça continue, pour que ça s’amplifie, ils consentirent à deux trahisons d’où allaient surgir la chrétienté et la civilisation occidentale. Lire la suite

LONGUE EST LA NUIT (II) : la ‘’révolution-Jésus’’

  Parfois, dans les ténèbres de notre planète, surgissent des Éveillés. Le plus souvent, c’est aux moments de grandes crises sociales, spirituelles, morales, identitaires dont je parlais dans les articles précédents. Ils ouvrent des portes, marquent un tournant dans notre Histoire. Ainsi fut-il de Jésus, dont le christianisme fit son fondateur. Et à partir de cette religion, naquit une civilisation qui est aujourd’hui à la peine. (1)

I. La première mondialisation

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QUE SE PASSE-T-IL APRES LA MORT ?

 Dès leur apparition sur cette planète, les civilisations se posent une question lancinante : qu’est-ce qui se passe au moment de la mort, et (juste) après ? Les tombes préhistoriques montrent que nos ancêtres avaient conscience que tout ne se termine pas avec la vie. Mais comment se déroule le processus de la mort ? Lire la suite

DÉBATTRE OU TOUT CASSER : quelques regards d’ailleurs

La France d’aujourd’hui est un pays où l’on ne se parle plus, ne s’écoute plus. Où certains refusent de dialoguer, préférant insulter ou tout casser plutôt qu’échanger. D’où cela nous vient-il ? En a-t-il été autrement ailleurs ? Lire la suite

LA TYRANNIE DES APPARENCES ET LA VIOLENCE : LES MYSTIQUES ONT-ILS QUELQUE CHOSE A NOUS APPRENDRE ? (Conférence à Paris)

Où se nichent les racines de la violence ? Alors qu’elle monte partout autour de nous, les mystiques ont-ils quelque chose à nous apprendre ?

I. Les premières traces d’Homo Sapiens montrent quelque chose d’étonnant : ils rassemblaient les ossements de leurs défunts en un même lieu – alors que les restes des animaux sont éparpillés dans la nature. Yves Coppens pense que c’est à cet indice qu’on détermine le seuil qui sépare les grands singes des hominidés : la conscience qu’il y a quelque chose après la mort, puisque les humains collectent leurs dépouilles dans la conscience confuse, non-formulée, de ce « quelque chose ». Lire la suite

TYRANNIE DES APPARENCES ET VIOLENCE : les mystiques ont-ils quelque chose à nous apprendre ?

 Les premières traces d’Homo Sapiens montrent quelque chose d’étonnant : ils rassemblaient les ossements de leurs défunts en un même lieu – alors que les restes des animaux sont éparpillés dans la nature. Yves Coppens pense que c’est à cet indice qu’on détermine le seuil qui sépare les grands singes des hominidés : la conscience qu’il y a quelque chose après la mort, puisque les restes des humains sont collectés dans l’attente confuse, non-formulée, de ce « quelque chose ».

I. Platon et la caverne

En Occident il va falloir attendre Platon pour que cette conscience vague soit formulée dans sa fameuse « parabole de la caverne ». Nous sommes enchaînés, dit-il, dans une grotte obscure, le dos tourné à l’entrée. Jamais nous n’avons vu la source de la lumière qui nous parvient depuis l’ouverture. De la réalité du monde extérieur nous ne connaissons que les ombres, projetées par cette lumière sur le fond de la caverne. Si l’un de nous est libéré de ses chaînes et va jusqu’à l’entrée de la caverne, il sera d’abord ébloui par la lumière et par la réalité du monde qu’il découvre. Revenu auprès de ses compagnons, il ne trouvera pas les mots pour leur dire ce qu’il a vu, pour leur communiquer son expérience toute nouvelle de cette réalité. Les malheureux ne pourront pas comprendre ce qui lui est arrivé, ils le recevront très mal et  refuseront de le croire. Lire la suite