Archives du mot-clé Dieu

DIEU, LA SCIENCE, LES PREUVES (V) : mais quel Dieu ?

  Dans la 1re partie de leur ouvrage, Dieu, la science, les preuves (1), M.Y. Bolloré et O. Bonnassies (B&B) rassemblent les découvertes récentes de la cosmologie et de la biologie. Ils opposent deux théories : d’un côté le matérialisme, « il n’existe rien en-dehors de l’univers matériel » et de l’autre « il existe un Dieu créateur de l’univers ». Pour eux, si une théorie est exacte, l’autre est fausse. Or la science prouve que la théorie matérialiste est fausse, donc elle prouve l’existence de Dieu. CQFD.

Jusque-là leur démonstration est convaincante. Il s’est bien produit au milieu du 20e siècle ce qu’ils appellent Le Grand Retournement de la cosmologie et de la biologie. Selon eux nous sommes à l’aube d’une révolution de la pensée.

Mais cette révolution est-elle si nouvelle ? Car ce qu’ils prouvent n’est finalement rien d’autre que l’existence du ‘’Grand Horloger’’ du siècle des Lumières. D’ailleurs ils ne s’en cachent pas : « Je ne m’intéresse ici qu’à l’existence d’un Dieu créateur au sens du 18e  siècle » (2). Lire la suite

IDENTITÉ ET RELIGION (II). La laïcité à l’épreuve

  En l’an 63 avant J.C., Jules César acheta le vieux titre de Pontifex Maximus qui le mettait à la tête des prêtres de la religion d’état. Ses successeurs reprirent le titre, mais aucun empereur n’a jamais gouverné au nom d’un dieu quelconque, ou considéré qu’il recevait son pouvoir d’un dieu. Ni même qu’il établissait un pont entre dieu et les hommes, comme on le dit parfois. Mais plutôt que cette charge honorifique confirmait son aptitude à exercer le pouvoir impérial (1). Il n’y a jamais eu dans l’Empire romain de théocratie puisque sa religion, purement formelle, acceptait tous les dieux.

Et Jésus inventa la laïcité
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DIEU, LA SCIENCE, LES PREUVES (II) : Difficile de tenir parole (M.Y. Bolloré et O. Bonnassies)

Sur la scène de la salle Gaveau à Paris, d’un côté Michel-Yves Bolloré et Olivier Bonnassies, les auteurs du best-seller Dieu, la science, les preuves (1) et de l’autre les frères Bogdanoff qui chauffent une salle comble et acquise d’avance (2). Dans la 1re partie de leur livre, les auteurs entendaient démontrer que les avancées récentes de la cosmologie et de la biologie prouvent sans contestation possible que l’univers a eu un commencement, qu’il aura une fin, et que dès son origine il a été réglé avec une extraordinaire précision pour aboutir à l’humanité pensante. Si cette 1re partie avait emporté mon adhésion, je terminais mon compte-rendu en signalant que la 2e partie est « décevante » – et le mot était courtois. De cette conférence, j’attendais donc des clarifications.

Or dès le début, M.Y. Bolloré annonçait la couleur : « Cette conférence comme ce livre a un seul objet, c’est-à-dire existe-t-il un Dieu créateur ? Un seul angle, c’est-à-dire une seule méthode : la raison et la science… Nous ne parlerons ni de religion, ni de foi… Je ne m’intéresse qu’à l’existence d’un Dieu créateur, au sens du XVIIIe siècle ». On n’a donc pas parlé ce soir-là de la 2e partie du livre, ses 328 dernières pages qui me posent problème : c’est d’elles qu’il s’agit maintenant. Lire la suite

DIEU, LA SCIENCE, LES PREUVES (I) : L’aube d’une révolution (M.Y. Bolloré et O. Bonnassies)

Jusqu’au 16e siècle, l’Occident puisait dans la Bible son savoir sur l’univers : il y a 6000 ans, Dieu avait créé le monde en cinq jours, et l’Homme le sixième jour. L’univers était immobile, la terre était en son centre, l’Homme était créé par Dieu à son image.  Or en 1543 un certain Copernic jeta un premier pavé dans la mare, suivi par Galilée, Newton, Buffon, Laplace, Darwin… Non, la terre n’était pas au centre de l’univers, il n’avait pas été créé en cinq jours. Oui, l’Homme apparaissait au terme d’une longue évolution, il descendait du singe. Sous ces coups de boutoir, la conception chrétienne de la création du monde vola en éclat. Tout pouvait s’expliquer par la science qui reléguait la religion dans l’obscurantisme des sacristies. Elle la rendait inutile, dérisoire, et les croyants avaient le choix entre deux solutions : ignorer la science ou perdre leur foi.   Lire la suite

LE IVe ÉVANGILE (IV) : L’expérience mystique de Jésus et nous

Le IVe évangile est le plus commenté des textes de la Bible. Pourtant toute une partie ‘’résiste’’ aux exégètes, les longs discours d’auteurs anonymes qui le parsèment et que j’ai choisi d’appeler collectivement ‘’Jean’’ (1). Où donc ces auteurs ont-ils trouvé la clé de l’intimité entre Jésus et son Père qu’ils dévoilent au fil des discours ? Où, sinon chez Jésus lui-même, non pas interrogé de son vivant puisqu’ils écrivent deux ou trois générations après sa mort. Mais écouté dans ce dialogue mystérieux de silence et de contemplation, ce dialogue qu’on appelle mystique et que des hommes et des femmes, toutes religions confondues, ne cessent d’entretenir au long des âges avec le ‘’monde d’au-delà des apparences’’. Lire la suite

LE IVe ÉVANGILE ET JÉSUS (II) : le Dieu de Jésus

Nous avons rappelé précédemment que les longs discours du IVe évangile (dit « selon s. Jean ») ont été rédigés, deux ou trois générations après la mort de Jésus, par des auteurs anonymes. De la tradition orale fixée dans les Synoptiques (1) ils ont retenu quelques traits de l’enseignement de Jésus, qu’ils ont approfondi dans une optique contemplative.

Les traditions anciennes : qui était ‘’Dieu’’ pour Jésus ? Lire la suite

LE IVe ÉVANGILE ET JÉSUS (I)

Il y a huit ans je publiais un court essai, Aux sources de l’évangile selon saint Jean, dans lequel j’exhumais du IVe évangile le texte le plus ancien du Nouveau Testament, écrit par le seul témoin oculaire du bref parcours de Jésus en Palestine entre l’an 30 et le 9 avril 33. Ce texte fragmentaire, éparpillé dans l’ensemble du IVe évangile, je l’ai appelé le récit du ‘’disciple que Jésus aimait’’. Ce récit seul m’intéressait, parce qu’il décrit un Jésus d’avant les corrections apportées à son image par les évangélistes puis la théologie chrétienne. Lire la suite

QUOI DE NEUF ? LES PSAUMES (I)

En ce printemps qui tarde à venir, je ressens comme un goût d’automne. Le poids des souvenirs de toute ma vie se fait plus lourd. Cruellement, elle m’apparaît non pas telle que je l’avais rêvée, mais pour ce qu’elle fut – et rien n’y peut changer. Échecs, déceptions, tristesses, abandons, désespoir parfois, semblent y avoir laissé des empreintes plus durables que les joies. Très tôt, quand l’air s’obscurcissait, quand ce que je croyais stable et acquis pour toujours disparaissait, quand je perdais souffle au milieu des flot déferlants, très tôt j’ai cherché une bouée pour survivre intérieurement. Et je suis tombé sur un petit livre qui tient au creux de la main : le Psautier, ce recueil de 150 poèmes attribués au roi David, un Juif qui vécut il y a trois mille ans. Lire la suite

APOCALYPSE NOW…que faire ? Résister !

La pandémie nous a-t-elle enfermés dans une impasse, précipités dans un trou sans fond ? De plus en plus de voix se font entendre, qui dénoncent la dictature sanitaire et ses rouages – comme je l’ai fait ici depuis 15 mois. Une société de défiance et de méfiance dont les individus s’évitent, ne réfléchissent plus, mais se laissent mener aveuglément par la peur – la frousse, la trouille. Enfermés, isolés, ne communiquant plus que virtuellement. Nos libertés fondamentales, acquises depuis 1789, sans cesse bafouées avec le consentement des citoyens : droit de circuler, droit de commercer, droit de se rencontrer, droit de manifester. À quoi bon ressasser tout cela ? La pandémie va laisser des traces profondes, notre société ne sera jamais plus la même qu’avant. Comment réagir et non plus subir, redresser la tête et non la courber ? Comment survivre ? Lire la suite

DE GRAND MATIN, LE JOUR DE PÂQUE … (Jean, chap. 20)

« Le matin, étant encore ténèbre, Marie de Magdala vient au tombeau… » (1) Marie-Madeleine, qui avait assisté au supplice de Jésus de loin (on n’avait pas le droit de s’approcher des crucifiés) a suivi son petit cortège funéraire jusqu’au tombeau. Elle a vu qu’on le fermait en roulant la lourde pierre devant l’entrée. La fête juive de Pâque se terminant notre dimanche au lever du soleil, pendant cette fête nul ne pouvait s’approcher d’un tombeau sous peine d’impureté majeure. Quand, à l’aube ténébreuse, elle vient pleurer le mort, Marie-Madeleine devance l’heure de quelques minutes – mais elle s’aperçoit que d’autres l’ont précédée. Lire la suite