SOMMES-NOUS SEULS DANS L’UNIVERS ?

  Cette question, les Anciens ne se la posaient pas. Les premières religions (Mésopotamie, Égypte, Grèce) décrivaient un au-delà peuplé de dieux, de demi-dieux et de ‘’héros’’ qui étaient en relation avec les humains, mais toujours supérieurs à eux. Le judaïsme transforma et simplifia ces religions en décrivant un Dieu unique, créateur de l’univers et maître des destinées humaines.

Jamais il ne serait venu à l’esprit de ces peuples anciens l’idée de chercher une vie quelconque, végétale, animale ou humaine, en-dehors de cette terre créée par Dieu pour nous abriter. Jamais ils ne se sont posé la question : « Y a-t-il de la vie ailleurs dans l’univers ? ». Peut-être pourrait-on la trouver sous-entendue chez les Gnostiques, mais leurs élucubrations cosmologiques sont tellement fumeuses et obscures qu’on peut leur faire dire à peu près n’importe quoi. En tout cas ni Jésus ni les écrivains du Nouveau Testament (Apocalypse comprise) ne se la posent. Jusqu’à l’époque ‘’moderne’’, la terre était le décor fermé d’un face-à-face entre les Hommes et Dieu

Quelques philosophes puis savants levèrent alors la tête vers le ciel pour le considérer non plus comme l’habitat des dieux, mais comme un objet d’étude. Scrutant les étoiles ils y trouvèrent des lois et transformèrent complètement la compréhension que nous avions de l’univers et de nous-mêmes. Trois grands noms jalonnent cette révolution : Ptolémée, Galilée, Hubble.

Les Églises d’Occident (catholique et protestantes) s’opposèrent de tout leur poids à des découvertes qu’elles jugeaient contraires à la Révélation divine. Une importante minorité de croyants rejette toujours la cosmologie moderne, surtout aux USA, mais les découvertes s’enchaînent à un rythme soutenu. Et pour la première fois de notre histoire, nous disposons des moyens techniques et scientifiques qui nous permettent d’aller voir s’il y a de la vie dans l’univers.

Très vite, cette question s’est transformée en « Sommes-nous seuls dans l’univers ? » Autrement dit, y a-t-il dans l’immensité vide non seulement de la vie, mais une forme de vie semblable à la nôtre ?

L’Hubris des astrologues & financiers

Les succès continus, rapides et spectaculaires de la conquête spatiale ont causé chez certains hommes politiques et financiers un vertige qu’on appelle d’un terme grec, hubris. Ces gens-là tiennent déjà en mains les manettes de la domination mondiale. Leur passion dévorante pour le pouvoir, leur orgueil et leur arrogance sans limite sont à l’origine de la démesure des programmes spatiaux. Ils ont entraîné des astronomes – doux rêveurs qui d’habitude se contentent de fignoler entre eux des équations compliquées – dans le tourbillon de leurs projets toujours plus fous, toujours plus coûteux, toujours plus spectaculaires. Il n’y a pas de mesure à l’hubris démesurée des Agences spatiales, leur budget avoisine celui d’un état du tiers-monde.

Conquête de l’univers et absence de Dieu

Au retour du premier vol habité dans l’espace, on a entendu Nikita Khrouchtchev déclarer ironiquement : « Gagarine a été là-haut, mais il n’y a vu aucun dieu ». C’était définir le premier objectif de l’hubris spatiale : démontrer scientifiquement et une fois pour toutes qu’’il n’y a pas de dieu, rien dans l’univers en-dehors de nous. Puisque nous sommes les seuls, nous sommes donc les maîtres de cet univers : sans le savoir, Khrouchtchev confirmait ainsi le récit de la Bible qui décrit l’Homme créé par Dieu dominant le monde vivant.

La blague de Khrouchtchev a fait long feu auprès des Américains. Eux voulaient seulement montrer qu’ils étaient les plus forts, en tout cas plus forts que les Russes. En allant sur la lune, en construisant le télescope Hubble, en envoyant des sondes aux limites de notre galaxie, ils ont confirmé la supériorité de l’espèce humaine et ont soigneusement laissé Dieu en-dehors de leurs télescopes. Ce qui revenait au même, car ignorer une question c’est déjà y répondre. Le peuple le plus croyant du monde a relégué Dieu dans les placards de ses observatoires.

Conquête de l’univers et angoisse des possédants

Dès qu’on imagina qu’on pourrait fabriquer des engins spatiaux, on vit se multiplier les bandes dessinées, les romans, les films décrivant l’arrivée ou de l’invasion des extra-terrestres. La plupart de ces fictions étaient catastrophistes. Pour un gentil E.T., combien de monstres humanoïdes venant détruire la planète ? Nous étions en pleine guerre froide : l’invasion venue de l’espace et la bombe atomique, ces deux crainte fusionnèrent pour provoquer dans certains pays développés une panique générale.

Comme aux temps de l’an Mil, cette panique irraisonnée et sans vrai motif traduisait une angoisse de possédants « On va nous attaquer, nous risquons de tout perdre ! » Aller dans l’espace, c’était se rassurer : « Non, il est bien vide, on ne risque rien ». Mais c’était aussi se dire (sans le dire) : « Il faut qu’on les rencontre pour mieux les connaître et donc mieux se préparer à la guerre de l’espace imminente ».

Un gaspillage consenti

L’élite politique et financière n’est pas poussée par ce genre de crainte mais seulement par l’hubris, puissance et gloire. Et c’est au mépris de notre survie à nous, terriens. Car la conquête spatiale engloutit des centaines de milliards dont une partie suffirait à nourrir le tiers affamé de la planète et l’autre à équiper sa moitié sous-développée. Et qui donc, parmi ceux qui applaudissent un décollage réussi,  qui pense que ces fusées sont bourrés de métaux rares ou précieux qui manquent déjà à nos industries de pointe ? Chaque départ de fusée emporte avec elle des composants en rupture de stock chez nous, pour en faire dans l’espace des déchets irrécupérables. Polluer la planète, ça ne nous suffit plus : il faut aussi polluer le cosmos.

On n’entend personne s’élever contre ce gaspillage, parce que l’hubris spatiale s’est généralisée à toute la planète. « Nous manquons de tout, nous mourons de faim, mais voyez comme nous sommes les maîtres du monde ! » Ce vertige-là, il vaut tous les sacrifices présents et évite de penser à l’avenir.

Le rêve et la réalité

Les astro-anthropologues le disent : sachant que les conditions réunies pour qu’il y ait de la vie sur terre correspondent à un facteur de probabilité de 10-49 chances depuis le big-bang.  Sachant aussi que 3,85 milliards d’années séparent la première cellule vivante apparue sur terre de vous et moi, il est évident que nous ne rencontrerons jamais dans l’immensité du cosmos d’êtres vivants comparables à nous. Peut-être quelques acides aminés, tout au plus des vestiges de protéines rudimentaires, rien d’autre.

Malgré les programmes spatiaux les plus ambitieux, aucune trace de vie n’a pu être détectée dans notre galaxie. Quand on enverra une sonde à l’extérieur, si après un voyage de près d’un siècle elle rencontre une planète qui rassemble quelques éléments vie-compatibles, il faudra huit à dix ans pour que son signal radio nous parvienne ! Admettons-le : si notre hubris n’a pas de limites, en revanche nos technologies en ont et elles sont en train de les rencontrer. Elles ne dépasseront pas ces limites.

La conquête spatiale fut un beau rêve. Scandaleusement cher ? Peut-être, mais elle a fait partager à tous les humains sans distinction, au même moment, le même rêve. Cette prouesse-là, peut-être n’a-t-elle pas de prix.

Nous sommes seuls

La merveille que nous sommes, au stade d’évolution où nous sommes parvenus sur une planète douce à habiter, il ne faut pas compter la trouver ailleurs. « Je reconnais devant toi le prodige, l’être étonnant que je suis » dit le psaume 138 à ‘’Dieu’’. Pareil prodige n’est pas reproductible ailleurs. Il n’y a que nous, et nous seuls dans l’univers visible.

Alors, ce que dit la Bible du Créateur et de la beauté de sa création prend tout son sens.

Et chaque être humain, toute sa valeur.

                                                                                 M.B., 29 août 2021

6 réflexions au sujet de « SOMMES-NOUS SEULS DANS L’UNIVERS ? »

  1. Tabourde

    Bonjour,
    – la recherche spatiale, ce n’est pas un investissement à fonds perdus. Les satellites permettent à ce jour d’améliorer drastiquement les télécommunications, la météorologie, la surveillance des terres et des cultures, les secours en mer….. au profit de tous, et non pas au détriment de certains
    – Cette recherche élément de la recherche scientifique nous permet de mieux comprendre nos origines et le cosmos en général, tant dans sa dimension actuelle que dans son historique, dépassant la fable de la création de l’univers et du paradis terrestre
    – sommes nous les seuls ? La probabilité de voir se rassembler les conditions favorables à la vie est infime, mais le nombre de lieux où cela pourrait avoir eu lieu est infinie, nombre de galaxies multiplié par le nombre d’étoiles dans chacune d’entre elles multiplié par le nombre de planètes autour de chaque étoile…. En mathématique, un infiniment petit multiplié par un infiniment grand peut ne pas être un infiniment petit…

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    1. Michelbenoît-mibe Auteur de l’article

      1- Le titre de l’article est « Sommes-nous seuls… ? » et non « La recherche spatiale est-elle utile ? »
      2- EN THÉORIE il y a peut-être une chance de trouver de la vie dans l’espace. En pratique, nous n’avons pas les moyens de la trouver. Notre hubris nous empêche d’admettre cette limitation.
      Ne reste plus alors que le tête-à-tête de nous avec nous et de nous avec  »Dieu ». Mais ça, certains ne l’acceptent pas !
      M.B.

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  2. Céline

    Avec la découverte des exo-planètes, je me disais que la possibilité d »une vie extraterrestre, aussi, minime soit elle se confirmait…
    Je me doutais bien que jamais je ne rencontrerais ET (même si j’étais prête à lui prêter mon téléphone !) mai ça me rassurait de savoir que nous avions des voisins plus ou moins proches dans l’univers…
    Hélas, avec la lecture de votre article, la solitude me submerge !

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    1. Michelbenoît-mibe Auteur de l’article

      La vraie solitude, c’est l’absence de relations avec les humains et avec Dieu. Échapper à cette solitude est l’une des motivation de la recherche de vie dans l’univers. Téléphonez à vos voisins et à Dieu !
      M.B.

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      1. Gris

        Comment interprétez-vous cette parole de Jésus (si toutefois elle fût prononcée) :
         » Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père ».
        Sont-ce des lieux de l’âme qui demeurent dans des lieux parallèles à notre univers matériel connu (avec comme inconnu plus de 5% de l’énergie cosmique -sic) ? Pourquoi pas mais envisager sous cette hypothèse avec comme seules âmes les habitants de la Terre ça fait beaucoup de kilojoules par individu !
        Jésus se dénommant fils de l’Homme est-il l’équivalent d’un enfant de l’humanité ? J’ai des doutes sur le cimetière des éléphants et j’en ai aussi sur le sens qu’il voulait donner à sa vie au vu de cette limite à l’anthropoïde.
        En attente de votre éclairage car je ne suis pas sur d’avoir compris : « Pareil prodige n’est pas reproductible ailleurs », l’homme en tant que prodige, hum, il faudra tenir compte de milliers d’années d’évolution pour trouver autre chose qu’une sale bête chez l’homme. D’ici là les progrès de la connaissance des relations quantiques dans la matière ouvriront des voies qui étaient « impénétrables », non ?

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        1. Michelbenoît-mibe Auteur de l’article

          1- La parole est certainement de Jésus : authentifiée par  »mon Père »
          2- C’est une métaphore : Ces  »lieux » désigneraient la position de chacun après sa mort dans la  »maison du Père » = le  »Royaume de Dieu ». Tout cela est du langage symbolique. Une lecture «  »physique » est à côté de la plaque.
          3- « Fils de l’homme » renvoie à la vision du Livre de Daniel. Qui décrit un homme (pas un dieu !) envoyé par le ciel pour sauver l’humanité.
          M.B.

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