CORONAVIRUS (IV) : GARDONS NOS NERFS !

  La panique créée par les chaînes d’information continue depuis début janvier est démesurée. Amplifiée jour après jour, cette panique a conditionné les décisions politiques de nombreux pays, créant un cercle vicieux qui rend les gens fous d’angoisse.

Pour que mes lecteurs ne perdent pas leurs nerfs, voici quelques notions de base ignorées par ces médias et occultées par les pouvoirs politiques.

I. Qu’est-ce qu’un virus ?

C’est un organisme vivant de très petite taille de l’ordre du nanomètre (millième de millimètre). Les virus peuvent provoquer des maladies chez l’homme, le plus souvent bénignes (« rhumes de cerveau »), parfois gênantes mais pas mortelles (herpès, zona, varicelle), parfois mortelles (grippe, hépatites, sida). Le coronavirus appartient à la fois à la première et à la troisième catégorie : il peut être bénin ou mortel.

Sous un aspect rudimentaire, la structure des virus est très élaborée. Ce ne sont pas des cellules complètes comme les bactéries, mais des pelotes d’acides nucléiques (ADN et ARN). Contrairement aux bactéries ils ne se nourrissent pas sur l’organisme infecté et n’ont aucun métabolisme propre. Pour survivre ils doivent s’introduire dans une cellule et lui ‘’voler’’ son énergie, ce qui leur permettra de se reproduire en se dédoublant. Ce sont donc des ‘’parasites cellulaires’’, ils n’ont pas besoin d’être fécondés pour se reproduire – c’est pourquoi ils se répandent rapidement dans l’organisme parasité.

Les virus se présentent sous deux formes : soit ils sont ‘’tubulaires’’ – forme d’un petit tube – soit ils sont ‘’polyédriques’’ – forme d’une sphère. La famille des coronavirus appartient à cette deuxième catégorie. Leur forme circulaire les fait apparaître au microscope électronique comme des petites couronnes – d’où leur nom.

II. Comment se comporte le coronavirus ?

Comme tous les virus, une fois qu’il a pénétré dans sa cellule-hôte il va la détruire puis altérer les tissus et détraquer le système immunitaire – ce qui favorise les infections bactériennes associées. Le covid19 étant essentiellement pulmonaire, il attaque les poumons jusqu’à provoquer l’asphyxie.

Dans le milieu extérieur (hors du corps humain) il se dégrade rapidement et perd son pouvoir infectieux car il est inactivé par deux facteurs : la température ordinaire ou chaude et la dessication. Sur un support sec et à température tempérée il meurt donc vite. On ne le retrouve pas dans les poussières. Par contre si l’air est froid et humide, il reste virulent – et c’est pourquoi dans nos pays d’Europe les épidémies de grippe sévissent surtout l’hiver.

III. Comment se fait sa contamination ?

Dans le tube digestif le coronavirus est rapidement digéré, on ne le retrouve pas dans les selles. S’il pénètre dans votre organisme par la bouche, il sera détruit dans l’estomac. Il n’y a donc pas de contamination alimentaire.

Comme le virus de la grippe, sa transmission se fait directement par contact rapproché entre un sujet contaminé et un sujet sain, et uniquement par voie aérienne. Quand une personne contaminée postillonne en parlant, tousse ou éternue, si elle n’est pas masquée elle projette devant elle des microgouttelettes de salive ou de mucus qui sont contaminantes. Ces microgouttelettes sont plus lourdes qu’une bulle de savon : elles ne flottent pas dans l’air, elles ne volent pas, elles retombent assez vite vers le sol (1). Si vous êtes en face d’un sujet contaminant à moins d’un mètre et ne portant pas de masque, vous risquez de les respirer et d’être contaminé. À plus d’un mètre et de dos, le risque est quasi-nul.

Le port d’un masque ne protège pas un sujet sain des postillons d’un sujet contaminé. Pour être efficace, un masque doit être fermé et filtrer intégralement l’air. Les masques en tissu léger, qui laissent passer l’air par le haut, par le bas et sur les côtés, sont donc inutiles si l’on est sain. En revanche, puisque les postillons sont arrêtés par leur tissu, les masques doivent absolument être portés par les sujets contaminés.

Faut-il se laver les mains à tout bout de champ ? La consigne du lavage ou de la désinfection des mains obéit au « principe de précaution ». On sait qu’il n’y a pas de contamination possible par la bouche ou par les yeux, donc en se touchant le visage avec des mains contaminées. Mais en cas d’épidémie massive, on juge prudent de se laver les mains en revenant d’un lieu public fréquenté. Pour les personnels de santé et eux seuls, le lavage entre chaque « opération » de soin est nécessaire.

Une personne immunisée par contact avec le virus est-elle encore contaminante ? On n’a pas assez de recul pour le covid19, mais on sait que le virus de la grippe (proche du covid19) est inactivé par les anticorps d’une personne contaminée. Les personnes guéries du coronavirus sont presque certainement non-contaminantes.

IV. Est-ce grave docteur ?

On sait maintenant que 85 % des personnes contaminées n’auront que des symptômes bénins et guériront vite. Que 5 % seulement développeront une forme sérieuse, et 1 % devront être placés sous surveillance médicale ou réanimation. C’est suffisant pour saturer des hôpitaux déjà sur la corde raide en temps ordinaire. Mais cela ne justifie pas un confinement général de 67 millions de Français, avec arrêt de 80 % de l’économie du pays. Je l’ai dit ailleurs, certains gouvernements ont choisi dès le début cette solution, pour des raisons plus politiques que médicales. D’autres (Corée du Sud, Allemagne, Pays-Bas, Suède) ont abordé l’épidémie autrement, et s’en sortent apparemment mieux que nous.

Comme c’est de nous qu’il s’agit ici, je me permets quelques recommandations :

1- On l’a vu, le covid19 meurt vite en milieu sec et à température ordinaire. Désinfecter les rues est ridicule, même si vous léchiez les trottoirs le virus serait détruit par vos sucs digestifs. Désinfecter complètement une pièce après le passage d’une infirmière qui porte un masque est inutile : au cas où elle serait porteur-sain, son masque la rend non-contaminante.

2- Y a-t-il un traitement ? À la fin des années 1980, on a découvert que l’érythromycine agissait sur certaines pneumonies virales. Il était donc logique que le Pr. Raoult, qui connaît ses gammes, l’essaye contre la pneumonie à coronavirus. Son coup de génie (l’histoire le dira) a été d’associer un dérivé de l’érythromycine à la chloroquine, antiparasitaire connu et utilisé depuis des dizaines d’années sur des millions de patients. Cette association est-elle LE traitement attendu ? Je ne sais pas, je l’espère.

3- Confinement ne veut pas dire séquestration : vous pouvez sortir, faire vos courses et vous balader sans porter de masque, à condition de ne pas vous trouver face à face avec un méridional qui postillonne en parlant, ou de quelqu’un qui tousse ou éternue.

4- Ou plutôt, vous devez sortir. L’hiver a été gris et morne comme toujours dans notre pays. Nous avons besoin de voir le soleil, sa lumière, de sentir sa caresse sur nos têtes. Le printemps arrive : les arbres verdissent, les fleurs revivent, les oiseaux chantent. Si nous vivons ce printemps comme un second hiver, emmurés dans nos appartements, nous ne tiendrons pas le coup, mentalement et physiquement.

5- Mentalement : je suis très frappé de constater l’air morne de ceux que je croise dans ma petite ville, l’agressivité à fleur de peau de beaucoup. Une partie de la population française est fragile mentalement et socialement. On sait que les violences conjugales ont bondi de 38 % ces jours-ci. Comment vivent nos enfants, les ados confinés dans quelques mètres carrés ? Tout le monde doit sortir de chez soi quelques heures par jour. On sait que « quand ça ne va pas fort dans la tête », on tombe plus facilement malade. Et notre système immunitaire a besoin de lumière pour être en forme.

6- Et ne regardez pas trop les chaînes d’information continue. Pour elles, l’épidémie est du pain béni. Il y a toujours des nouvelles à sensation, des images-choc d’avions sanitaires ou de cercueils, des chiffres abominables (et hors contexte), des médecins-spécialistes en catastrophie sur les plateaux. C’est le moment de voir des westerns, des opéras ou de (re)lire Balzac et Flaubert.

Avec tout ça et surtout, ne perdez pas vos nerfs !

                                                        M.B., 2 avril 2020
P.S. : Certains lecteurs me reprochent d’aborder ici des sujets qui ne sont pas de ma compétence. Mais au moment de la blitzkrieg et de l’exode de 1940, pouvait-on n’écrire que sur le sexe des anges (dont tout le monde sait qu’ils n’en ont pas) ? Et après tout, je suis aussi un vieux biologiste-pharmacologue.
(1) Mais si elles sont aspirées par un climatiseur qui refroidit l’air chaud, les gouttelettes peuvent être happées par la prise d’air. Envoyées dans une autre pièce ou à l’autre bout d’un magasin, elles sortent en pleine forme et contaminent ceux qui respirent l’air froid. N’utilisez jamais de clim l’été
Et voyez les articles précédents de la série « Le coronavirus et nous I, II, III »

13 réflexions au sujet de « CORONAVIRUS (IV) : GARDONS NOS NERFS ! »

  1. Aristée Grandmaison

    Merci pour cet article qui rend compte de la réalité. Personnellement, au début de l’épidémie, le comportement des gens, quasiment irrationnel, m’a fait un peu peur. Le problème vient certainement des médias et aussi du monde politique, qui tire un avantage à en faire trop par moment. Aussi, certaines mesures drastiques et assez légèrement justifiées rassurent tout un pan de la société.

    Je vous lis souvent avec intérêt mais ne commente que rarement.
    Bonne continuation,
    A. G.

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    1. Michelbenoît-mibe Auteur de l’article

      Si cela vous intéresse, diffusez !
      Etes-vous de la famille du Père de Grandmaison ?
      Merci, M.B.

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  2. P. Kerlois

    Merci au biologiste pour cette prise de position claire et compréhensible.
    Mais c’est à l’ancien moine et à l’historien que je m’adresse.

    Alors que dans les autres pandémies que l’humanité a subies par le passé, c’était souvent les religions qui donnaient le LA (*), nous assistons aujourd’hui à un silence assourdissant de toutes les religions…
    En soi, c’est plutôt rassurant, mais qui aujourd’hui donne le LA : la finance internationale.

    Avons-nous gagné au change ?
    P.K.

    (*) cf. article sur le Mal des Ardents qui frappa le monde pendant 5 ou 6 siècles : http://www.mbconseil.pro/2020/03/les-antonins.ou-l-histoire-d-un-mal-mysterieux-qui-dura-plus-de-six-siecles-en-europe.html

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    1. Michelbenoît-mibe Auteur de l’article

      On a échangé totalitarisme contre totalitarisme.
      Au Moyen-âge et en Europe l’Église contrôlait la totalité de la population.
      En Europe aujourd’hui les états confinent la totalité de leurs populations.
      Sauf, cela ne vous aura pas échappé, des états d’origine protestante (Allemagne, Suède, Hollande).
      Je médite un prochain article sur ce sujet.
      M.B.

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      1. P. Kerlois

        Pour aller dans votre sens, dans l’article cité ci-dessus sur le Mal des Ardents au Moyen-Age, il est clairement précisé que c’est Luther qui combattit la négociation des « indulgences » pour faciliter les guérisons, ainsi que le pouvoir centralisateur des Antonins…
        Ce sujet mérite effectivement d’être creusé.
        A vous lire, donc !
        P.K.

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  3. Ange Lini

    Bonjour Mr Benoit

    Mais non je ne vous reproche rien, c’était juste une remarque amicale pour ne pas persister dans quelques erreurs anciennes. J ai une profonde admiration pour votre travail en général et souhaite de tout cœur votre continuation sur tous les sujets qu’il vous plaira et puis cela permet quelques échanges toujours respectueux croyez-le… A propos d’un de vos articles précédents, il est bien question d’une reconstruction du 3ème temple sous le dôme du rocher et ça, sera bien plus dangereux pour l’humanité que ce curieux virus que l’on continue de propager par des mesures ineptes et contreproductives…Ah, si con-bendit pouvait fermer sa geule…

    Répondre
    1. Michelbenoît-mibe Auteur de l’article

      « échanges amicaux », je préfère cela à « respectueux ». Oui, l’obsession des sionistes de 2020 est la même que celle des judéo-chrétiens de 70 ou de 612 : rebâtir le Temple sur son esplanade occupée par 2 mosquées. C’est le plus vieux conflit du monde, le plus violent et ce n’est pas fini !
      M.B.

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      1. Ange Lini

        Veuillez m’excuser si j ai pu être irrespectueux Mr Benoit. Jamais ce ne fut mon intention. J’ai trop de respect pour le parcours de vie que vous faites. J’écris comme je parle et malheureusement vous comme moi ne pouvons entendre le ton d’un écrit ou mal l’interpréter. Le mien n’élève jamais la voix mais il a ma pensée à défendre…
        Amicalement et de plus en plus respectueusement

        Ps ; Pourquoi l’antisionisme est-il considéré comme de l’antisémitisme ? Je ne vois pas de rapport avec les Askénazes

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        1. Michelbenoît-mibe Auteur de l’article

          Antisionisme = antisémitisme, c’est une ERREUR.
          L’antisémitisme est racial, c’est la haine des Juifs parce qu’ils sont Juifs.
          L’antisionisme est politique, c’est le rejet d’un certain messianisme juif adopté par une droite israélienne de plus en plus extrême.
          Je me considère comme Juif d’adoption (puisque Jésus était Juif) mais fermement antisioniste.
          M.B.
          M.B.

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