Djihâdistes à l’oeuvre : la destruction des manuscrits de Tombouctou

          Tombouctou libérée hier de la présence des djihadistes, les premières informations nous parviennent de ce que les habitants appellent ‘’L’enfer’’ qu’ils ont vécu.

          Pendant 9 mois, ils ont subi la loi des fous d’Allah.

          Qu’on fouette les impudiques (100 coups, c’est dans le Coran), qu’on coupe la main et le pied des voleurs (c’est dans le Coran) sans aller jusqu’à les crucifier (c’est pourtant dans le Coran), qu’on oblige les femmes à se voiler (ce n’est pas dans le Coran), qu’on interdise la musique (on peut le déduire du Coran), c’est normal : il s’agit de terroriser une population, de la faire ramper devant ses nouveaux maîtres, de réduire les non-croyants en esclavage (c’est dans le Coran).

           Mais dans le flot des informations, j’en ai entendu une qui passerait inaperçue, si on ne la relevait pas. Oyez, oyez !

           On nous a montré les djihadistes en train de démolir à coup de pioches les vénérables mausolées de saints musulmans locaux : abattre les idoles païennes, c’est dans le Coran, Dieu est grand, on ne se prosterne que devant Lui (ou devant ses lieutenants armés).

           Mais des témoins disent aussi que dès leur arrivée, ils se sont mis à fouiller la ville pour détruire les manuscrits anciens du Coran, pieusement conservés et préservés à Tombouctou depuis dix, onze, douze siècles peut-être.

          Des parchemins très anciens, sur lesquels étaient tracés des signes que les musulmans respectent plus que tout : les mots du Coran.

           Détruire le Coran, est-ce dans le Coran ? Pas que je sache.

           Dynamiter les Bouddhas de Banyân, brûler si l’on pouvait la Joconde sous la pyramide du Louvre ou faire sauter Vézelay comme la cathédrale de Chartres, on comprendrait : ces œuvres d’art sont des reflets de la beauté divine, elles suscitent l’émotion des foules. Or rien ne peut refléter Dieu. Dieu est sans visage, il ne doit pas émouvoir – mais être craint et obéi.

          Le vandalisme des djihadistes obéit donc à leur logique imperturbable. Mais détruire de très anciens manuscrits du Coran… pourquoi ?

           Il y a eu, aux premiers temps de l’islam, une période trouble que les historiens musulmans appellent pudiquement la ‘’collecte’’ du Coran. Ils parlent de compilations, d’ajouts de certains passages, de suppressions d’autres, de variantes dans le texte…

          Ibn Ishâm, premier biographe du Prophète et référence universelle de l’islam, mettait déjà en doute l’authenticité de certains versets de son prédécesseur Ibn Ishâq, dont l’œuvre a disparu. D’ailleurs au 10e siècle un érudit arabe, Ibn al-Nadîm, accusait Ibn Ishâm d’avoir « introduit dans le Coran des versets apocryphes sur la suggestion de faussaires travailant pour lui ».

          Mais déjà, cent ans après la mort du Prophète, le grand philologue musulman Al-Kindi (1) écrivait : « La conclusion est évidente pour quiconque a lu le Coran et a vu de quelle façon, dans ce livre, les récits sont assemblés n’importe comment et entremêlés. Il est évident que plusieurs mains – et nombreuses – s’y sont mises et ont créé des incohérences, ajoutant ou enlevant ce qui leur plaisait ou leur déplaisait ».

           Le doute persista longtemps, puisqu’au 14e  siècle Al-Suyuti, l’un des plus grands théologiens musulmans, déclarait encore : « Abou Bakr [premier successeur du Prophète] est mort alors qu’il n’avait pas collecté le Coran. Omar est mort alors qu’il n’avait pas collecté le Coran… »

           Les versions du Coran se succédant, son sens fut rendu encore plus aléatoire par l’apparition des points diacritiques (3) situés au-dessus ou en-dessous du texte, afin de distinguer des consonnes à l’écriture identique. Leurs scribes officiels étant libres de placer ces points à leur guise, les Califes eurent beau jeu de faire dire au Coran ce qui leur convenait (4).

           Car à Jérusalem ou à Bagdad, dès le début ils n’ont eu qu’un seul objectif : fournir à l’islam naissant un texte sacré, qu’ils puissent invoquer pour mettre en œuvre leur politique de conquête mondiale.

          En même temps qu’ils ‘’collectaient’’ le texte du Coran, les Califes firent répandre la légende fondatrice de l’islam : ce texte aurait été révélé par Dieu lui-même à un chamelier illettré, courroie de transmission fidèle puisqu’il dictait à ses secrétaires les mots tels qu’il les recevait du ciel.

           Rien ne devait donc subsister des versions intermédiaires du Coran, qui auraient permis de retracer les étapes de sa longue formation, d’identifier les influences qu’il a subi avant de parvenir à sa version politiquement correcte, la ‘’recension d’Uthman’’ actuelle.

           Trouver ne serait-ce qu’un seul brouillon du Coran, daté de la fin du 7e siècle, écrit dans la langue archaïque d’une époque où l’arabe était encore en formation, c’était impensable : Dieu ne fait pas de brouillons. Dieu parle arabe, et l’arabe achevé du Coran.

           Les Califes détruisirent donc systématiquement les versions intermédiaires du texte, destruction commencée sous Uthman et poursuivie bien après lui. Soixante ans plus tard, l’Empereur de Byzance écrivait que « de cette destruction, seulement un petit nombre d’ouvrages… échappa (5) ».

           Ầ peine entrés à Tombouctou, les djihadistes se mirent à la recherche de ces versions intermédiaires, au cas où, par malheur, l’un ou l’autre brouillon du Coran aurait échappé au travail de ‘’collecte’’ des Califes. Pour protéger l’islam il valait mieux – par sécurité – jeter au feu tout ce qui ressemblerait de près ou de loin à un manuscrit ancien.

           Préserver d’une possible souillure la légende fondatrice de l’islam : prodigieuse continuité d’un dessein de conquête idéologique entrepris il y a treize siècles, dont les dépositaires de l’ambition califale n’ont jamais dévié !

          Jusqu’à hier, au Mali.

           Croire que les djihadistes sont de vulgaires terroristes, c’est ne rien comprendre à leur idéologie séculaire, et c’est être mortellement aveugle.

           Ils savent parfaitement ce qu’ils font. Et, contrairement à nous, ils n’ont rien oublié de leur identité fondatrice.

           La recherche et la destruction des manuscrits de Tombouctou par les djihadistes est aussi inquiétante que les deux avions qui fonçaient sur le World Trade Center, par un beau matin de septembre 2001, pour nous rappeler qu’ils n’oublient rien.

                                            M.B., 29 janvier 2013

 (1) Philosophe aristotélicien, philologue, mathématicien, musicologue et grand traducteur du 8e siècle irakien.

 (2) Bon résumé de cette question complexe dans l’article de R. Brague (paru dans Critique en avril 2003), accessible sur www.revue-texto.net/Parutions/CR/Brague_CR.htm.

 (3) Voir François Deroche, Beauté et efficacité : l’écriture arabe au service de la révélation, in Results of contemporary research in the Qur’an, Orient-Institut Beirut/Wüzburg, Ergon, 2007.

 (4) Lettre de l’Empereur byzantin Léon III au Calife Omar II, datée de 719. Les quelques lignes qui précèdent sont extraites de mon essai à paraître (avec références précises), Naissance du Coran, aux origines de la violence.

LE CORAN : sortir de l’impasse ? (Sami aldeeb)

          Les musulmans lisent le Coran à travers une tradition devenue sacrée : Dieu aurait révélé ce texte à un Prophète inculte, d’abord à La Mecque avant 622, puis à Médine jusqu’à sa mort en 632.

          Quand on applique au Coran les méthodes de l’analyse historico-critique, on s’aperçoit que la réalité est tout autre. Comme la Bible, le Coran a été écrit sur une période longue, par une succession d’auteurs restés anonymes. Le milieu dans lequel vivaient ces écrivains était un judéo-christianisme particulier. Ce noyau idéologique a été complété ensuite par un ensemble de lois édictées par les califes de Jérusalem, de Damas et de Bagdad.

          La distinction entre un Coran Mecquois et un Coran Médinois est une création des premiers historiographes musulmans, mandatés par les califes pour offrir à l’islam naissant sa légende fondatrice, qui n’a pas changé depuis lors.

          En réalité il n’y a pas de Coran « Mecquois », écrit entre 612 et 622 à la Mecque : d’ailleurs, à cette époque, rien ne prouve que La Mecque existait telle que la légende nous la décrit.

          Pas non plus de Coran « Médinois », bien qu’on a sans doute commencé à écrire des lois à Médine, pour les amplifier et les compléter ensuite à Jérusalem, Damas et Bagdad.

          Ce qui ressort de l’analyse historico-critique c’est qu’il y a un Coran judéo-chrétien et califal, où les différentes périodes d’écriture, les auteurs, les sources, ont été assemblés – ou plutôt désassemblés – comme un puzzle dont les pièces auraient été éparpillées au hasard sur une table.

          Classer les 114 sourates (chapitres) du Coran par ordre chronologique est impossible : la même sourate peut contenir des versets d’origine et de datation très différente.

          C’est avec sympathie et tristesse qu’on lit l’essai tenté par  Sami Aldeeb, Directeur du centre de droit arabe et musulman.

          Tristesse, car il reste prisonnier de la légende fondatrice de l’islam : « Celui qui examine… le Coran y constate la présence de différentes phases… La différence entre le Coran révélé à la Mecque (avant 622) et le Coran révélé à Médine (après 622) est aussi grande que la différence entre le ciel et la terre, non seulement dans le style, mais aussi dans le contenu. Et il ne serait pas exagéré de dire que l’islam de la Mecque diffère totalement de l’islam de Médine».

          Sympathie, parce que l’auteur reconnaît (c’est rare !) la complexité du texte, et de son auteur – puisque pour lui il n’y en a qu’un seul : « la personnalité de Mahomet a complètement changé après avoir quitté la Mecque en 622 pour Médine, devenant ainsi chef militaire, coureur de femmes et sanguinaire ».

           Sa conclusion est un diagnostic lucide, enfermé dans la légende de l’islam :

          « Il y a des musulmans paisibles, des musulmans terroristes et des musulmans qui oscillent entre les deux. Chacune de ces catégories prétend représenter le vrai Islam, rejetant les autres. Je n’ai le droit de disqualifier aucune de ces catégories. Chacune de ces catégories a le droit se dire musulmane. Mais on peut dire que le musulman paisible suit l’islam de la Mecque, le musulman terroriste suit l’islam de Médine, et celui qui oscille doute entre les deux islams. Celui qui prétend que l’islam est une religion de paix a raison, et celui qui prétend que l’islam est une religion terroriste a aussi raison, mais vous devrez dire de quel islam il s’agit… Le problème des musulmans aujourd’hui est qu’ils confondent sans cesse entre l’islam pacifique de la Mecque et l’islam terroriste de Médine ».

          L’analyse historique et critique du Coran permettra seule aux musulmans de sortir de cette impasse. Hélas, elle leur est interdite, Sami Aldeeb le constate avec effroi :

          « Afin de sortir les musulmans de leur problème, le penseur soudanais Mahmoud Muhammad Taha (surnommé le Gandhi de l’Afrique)  leur a proposé dans son livre Le deuxième message de l’Islam… d’adopter le Coran de la Mecque et d’abandonner [celui] de Médine. Ceci conduirait à l’abandon de toutes les dispositions contraires aux droits de l’homme qui se trouvent dans le Coran de Médine…  Mais cet appel de Mahmoud Muhammad Taha a été catégoriquement rejeté par… les institutions religieuses musulmanes qui ont ameuté contre lui les autorités soudanaises. Celles-ci ont fini par le condamner à mort par pendaison le 15 janvier 1985 ».

          Il a fallu aux chrétiens deux siècles pour apprendre à lire la Bible de façon critique. Trouvant ainsi la paix intérieure, s’ouvrant à la modernité et à la tolérance.

          C’est ardemment que je souhaite aux musulmans d’entreprendre ce chemin qui leur permettra seul de sortir de l’impasse.

                       M.B., 1er Février 2014

 On trouvera l’original du texte de l’article cité ici dans http://www.blog.sami-aldeeb.com/2014/01/31/entre-lislam-de-la-mecque-et-lislam-de-medine/

« Le secret du treizième apôtre », Roman, Albin Michel.

                           roman d’action (Thriller)

          Moins long que Le Nom de la Rose, moins menteur que Da Vinci Code, mais aussi passionnant qu’eux : on se balade du 1° au 20° siècle, d’une abbaye mystérieuse aux couloirs du Vatican, des Esséniens aux Templiers, d’un prélat lubrique à un moine-ermite… Sans oublier les agents secrets juif et arabe à la gachette rapide.

          Tout ça, autour d’un secret réel : il y avait bien treize apôtres autour de Jésus, et le treizième n’était pas une femme. Il est nommé 8 fois dans le IV° évangile, mais nous ne saurons jamais son nom. Car il a été farouchement effacé, gommé des textes et de la mémoire de l’Église.

          Pourquoi ?

          Savait-il quelque chose, qu’il ne fallait pas dire ? Et ce qu’il savait pourrait-il mettre en danger la survie de l’Église, donc de l’Occident ?

          Un moine français, le père Nil, va partir à la recherche de cet homme, et du secret qu’il portait en lui. Nil va se heurter non seulement aux gens du Vatican, mais à ceux du Mossad et du Hamas : car les juifs, pas plus que les musulmans ni les chrétiens, n’ont intérêt à ce que le secret du 13° apôtre sorte de l’ombre où des hommes l’ont enfoui depuis 20 siècles.

          C’est un peu érudit, mais cette érudition-là on en redemande : elle est parfaitement lisible.
         C’est vrai aussi, c’est impertinent, mais que voulez-vous, l’auteur est français.
         C’est vrai enfin, on découvre des vérités étonnantes (mais exactes) sous le manteau scintillant de la fiction.

         C’est vrai, on ne s’ennuie pas un instant.

         Et quand on repose le livre, on reste songeur. Puis on se met à penser – peut-être même à rêver.

Paru en mars 2006, Le secret du treizième apôtre a figuré sur la liste française des best-sellers. Édité au Livre de Poche, traduit en 18 langues (dont le Coréen !), best-seller en Angleterre, Espagne, Italie, Allemagne.

« PRISONNIER DE DIEU », édition Fixot 1992

          Qu’est-ce qui pousse l’auteur, jeune homme « normal » et plein d’avenir, à tout casser pour rentrer à 22 ans dans un monastère contemplatif catholique ?

          Que se passe-t-il pendant ses années de formation ? Comment est-il « déformaté », puis « reformaté » selon le procédé commun à toutes les sectes ?
          Envoyé à Rome, il y arrive en pleine « révolution » : comment vit-il les espoirs nés de mai 1968 ?
         Et quand il revient dans son cloître, pour constater que rien n’y a changé, pour s’y sentir de plus en plus étranger ?

        Comment enfin est-il « quitté » par l’institution au bout de 20 ans, de façon honteuse, alors qu’il lui  a consacré les vingt meilleures années de sa vie, sa jeunesse et son idéal ?

          Un document passionnant sur l’Église et la société des années d’espoir et de désillusion. Une fenêtre ouverte sur les coulisses du cloître et du Vatican. Un récit plein de tendresse, de nostalgie, de lucidité.

          Le parcours étonnant d’un témoin du XX° siècle finissant.

Prisonnier de Dieu a été tiré à 85.000 ex. en France, et plus de 100.000 en Allemagne (Gefangener Gottes, Bastei-Lübbe, 1993).Il vient d’être traduit en anglais (Prisoner of God, Alma books, Londres, 2008).
La version française originale vient d’être rééditée par Albin Michel, avec une Postface de 2008 . Entre autres articles de presse : Un article dans « Le Parisien » sur « Prisonnier de Dieu »

« BIENVENUE EN INDE, une escale en enfer » (Récit)

                                                                                
    Arrêté en Inde lors d’une escale de transit, j’ai été jeté dans un cachot où j’ai passé neuf mois, au terme desquels j’ai été jugé, et déchargé d’accusations terribles : enlèvement, torture, esclavagisme, proxénétisme, viol et surtout complot criminel international – rien que ça !

     Pendant ma captivité J’ai découvert l’Inde profonde, celle qu’aucun touriste ne verra jamais. « Alors que je ne m’y attendais d’aucune façon, j’ai été projeté en plein milieu de ceux qui sont, peut-être, les nouveaux maîtres à vivre de notre siècle désorienté… Les plus pauvres parmi les pauvres, dont j’ai découvert – et bien malgré moi – l’extraordinaire dignité dans laquelle ils vivent debout – et bien malgré eux ».

     « Il fallait sans doute que l’Inde me broie pour me faire renaître… Pendant quelques mois, l’Inde m’a fait faire une expérience que je n’oublierai jamais » Elle m’a enseigné « ce qu’elle enseigne dès leur naissance à ces pauvres qui ont eu le privilège de naître sur son sol, et que j’ai eu le privilège de côtoyer dans un lieu de désespérance »

       « Pour cela, ma Mère l’Inde, sois remerciée au-delà des mots »

     « Placé dans des conditions extrêmes, le salut d’un humain ne dépend d’aucun moyen matériel. Il dépend du mental, de sa force, de sa résistance« 

           « Quand on sait cela, l’enfer n’existe plus« 

        Un récit haletant, passionnant, soutenu par un suspense permanent.

                    M.B.

P.S. : Pour des raisons évidentes, mon éditeur m’a demandé que le volet judiciaire de ce récit soit rigoureusement conforme au dossier d’accusation de la Police Fédérale Indienne.

« DIEU MALGRÉ LUI, nouvelle enquête sur Jésus »

     Le 9 avril de l’an 30, un tombeau a été trouvé vide aux portes de Jérusalem. Il aurait dû contenir un cadavre, qui avait disparu.

     Que s’est-il passé ?

          Comme un policier menant une enquête, j’ai tiré ce fil – et toute la pelote est venue. Manipulations autour de Jésus, maquillages de son identité réelle, mensonges et impostures qui sont à l’origine du plus formidable pouvoir que l’Occident ait connu pendant 17 siècles : L’Église chrétienne.

     Le style est un peu celui du romancier, mais l’enquête est menée avec la rigueur et la précision de l’historien. On découvre la présence auprès de Jésus d’un 13° apôtre, les circonstances probables de la mort de Judas, assassiné par Pierre. Les véritables raisons de la mort de Jésus, le rôle joué par les Esséniens…

     J’ai voulu restituer son humanité à Jésus le nazôréen, en le replaçant dans le contexte social, politique et religieux qui fut le sien dans une Palestine traversée de tensions. Menée entre 1995 et 2000, cette enquête a été rendue possible par le travail des chercheurs qui, depuis une cinquantaine d’années, exhument le juif Ieshua du sarcophage dans lequel l’Église l’a embaumé, sous l’identité de Jésus-Christ.

      Je ne disposais pas à l’époque des publications des exégètes américains (Meier, Brown) : si elle aurait besoin aujourd’hui de quelques ajustements, l’enquête de Dieu malgré lui reste pertinente sur le fond.

     Dans une 2° partie, j’instaure un dialogue entre deux Éveillés majeurs de notre planète : le juif Jésus et l’indien Siddartha (le Bouddha). Entreprise pour la première fois ici , cette confrontation de leurs expériences vécues jette, sur la personnalité de Jésus, une lumière inattendue et bienfaisante.

     Enfin démaquillé, le visage de Jésus m’est apparu infiniment attirant, fascinant, aimable en même temps que déroutant.

                                         M.B., 2009.

La vérité historique du Treizième apôtre

          Le secret du treizième apôtre a été traduit en 18 langues. Albin Michel m’a demandé d’écrire, à l’intention de son public, un court essai qui rassemble les informations historiques et exégétiques que nous possédons sur la personne de ce mystérieux treizième apôtre.

           C’est chose faite : Jésus et ses héritiers, mensonges et vérités, est paru en 2008 chez Albin Michel (150 pages).

           Si vous désirez en savoir plus sur cet homme, dont la réalité historique ne fait aucun doute, lisez cet essai. Et notez que dans le titre, « Vérités » est au pluriel : un historien ne possède pas LA vérité, il tente de s’orienter (et de vous orienter) dans les méandres de sa recherche.

           Bonne lecture !

                                            M.B.

UNE CRITIQUE ANGLAISE DU ROMAN « Le Secret du 13° apôtre »

 

           LE « TREIZIÉME APOTRE » VU PAR UN ANGLAIS

      La traduction anglaise du Secret du 13° apôtre (The 13th Apostel, Alma Books, London) a été pour moi l’occasion d’un long entretien avec un  journaliste du The Independant de Londres (1). Son article vient de paraître. En voici la traduction, établie par mes soins. Fidèlement trancrits ici, les propos du journaliste anglais sont de sa seule responsabilité.

           Y A-T-IL UN ECO DANS TOUT CELA ?

     L’Église catholique a été un repaire de corruption et de mensonges depuis l’époque de saint Pierre, selon un roman qui vient de paraître. Surtout ne parlez pas de Dan Brown à son auteur.

                                         Une Interview de Peter Stanford

     L’ombre portée par le succès phénoménal du Da Vinci Code de Dan Brown plane sur Le Treizième Apôtre, récit des intrigues vaticanesques concocté par Michel Benoît, et qui a atteint la Grande Bretagne après une carrière de bestseller en France et en Espagne. Pourtant l’auteur n’accepte pas qu’on dise qu’il aurait mis ses pas dans ceux de Dan Brown – pas un seul instant : « Quand j’ai lu le Da Vinci Code, je me suis dit : « ce n’est pas possible, sur un sujet pareil, de dire tant de merdes » Il ne sait pas de quoi il parle : moi, oui ».

     Ceci dit avec l’arrogance habituelle aux français, mais dans ce cas c’est indéniablement vrai. Ancien moine bénédictin, Benoît a préparé un doctorat en théologie à Rome avant de retourner enseigner le Nouveau Testament dans son abbaye. Et pourtant son intrigue – une société secrète au coeur de l’Église, prête à tuer pour protéger un ancien secret qui, s’il était dévoilé, mettrait le christianisme en péril -, semblera familière aux lecteurs du trhiller de Brown. Je n’en dirai pas plus, pour ne pas  dévoiler le suspense : je dirai seulement que dans ce roman, Jésus apparaît être moins que ce qu’on en a fait.

     Également proche de Dan Brown est l’histoire à sensations des manipulations et falsifications historiques située par Benoît au coeur de l’Église. Il dépeint une corruption rampante à l’intérieur du catholicisme institutionnel qui commence avec un saint Pierre meurtrier pour aboutir au dernier « méchant », un certain cardinal Catzinger au début du 21° siècle. Je demande à l’auteur : « Le pape actuel n’a-t-il pas des motifs suffisants pour vous traîner en justice ? » – « A quoi pensez-vous, comme vous avez mauvais esprit ! », sourit Benoît. « Vous autres anglais, vous avez toujours l’esprit vicieux ! ».

     La soixantaine, grand et athlétique, Benoît est un charmeur. Bavardant dans l’arrière-boutique d’une librairie de Londres, il prend manifestement plaisir à défendre la dimension historique d’un roman que ses éditeurs décrivent comme « dangereux à lire pour les catholiques ». Après avoir rejeté Dan Brown, il m’indique quelle serait la bonne référence de sa première oeuvre de fiction populaire : Le Nom de la Rose d’Umberto Eco. « Voilà ma référence, dit-il, j’adore ce livre. Eco est un des meilleurs connaisseurs de l’histoire italienne du 14° siècle »

     Il est clair qu’il y a une recherche sérieuse et approfondie en arrière-plan du roman. Il juxtapose la lutte pour le pouvoir, et les convulsions qui agitèrent l’Église primitive, avec un complot qui traverse les siècles jusqu’à aujourd’hui pour cacher un document qui dénoncerait ces luttes sordides – au risque de ternir l’image de saint Pierre et de ses successeurs. Mais le livre de Benoît est aussi le reflet de son expérience personnelle.

     Il est entré très jeune dans l’Ordre bénédictin, avec en poche un doctorat en pharmacie et après avoir refusé les offres de Jacques Monod (prix nobel de biochimie) pour suivre ce qu’il pensait être sa vocation. Dès le début, il fut un client peu commode : à cette époque, les moines de choeur étaient automatiquement ordonnés prêtres. Il refusa tout net, s’appuyant sur un texte récent du Concile Vatican II, et fut parmi les premiers bénédictins à n’être que simple moine.

     Ne sachant que faire de lui, ses supérieurs l’envoyèrent à Rome, où il étudia pendant 4 ans 1/2. Cette expérience nourrit sa description de la corruption dans la Maison adonnée au business de Dieu. « J’en ai entendu bien plus que je n’en raconte dans mon livre : je suis en-dessous de la réalité. Mais je n’avais pas l’intention d’écrire un roman de caniveau »

     Ses études le rapprochèrent des Évangiles et de Jésus. « J’ai découvert que Jésus était juif ! C’était la première fois que je m’en rendais compte, on ne me l’avais jamais dit. Le Jésus qu’on m’a enseigné était né à Rome, il avait une culture grecque. Voilà quelle était la version politiquement correcte »

     [Le journaliste, lui-même catholique pratiquant, me fait alors remarquer que le Concile Vatican II a publié des textes qui réhabilitent la judaïté de Jésus, et que le problème a toujours été l’incarnation de Dieu dans un homme. Puis il raconte comment j’ai « été quitté » par l’Église pour déviationnisme idéologique].

     Depuis 25 ans, son chantier de travail principal est la redécouverte du Jésus historique. C’est après avoir publié un essai, Dieu malgré lui, nouvelle enquête sur Jésus, que l’idée du Treizième apôtre mûrit dans son esprit : « Cet essai s’est vendu à 5000 exemplaires – il paraît que ce n’est pas si mal pour ce genre de livre ! Mais j’était très déçu. Alors je me suis dit : faisons un thriller. Un « roman de merde », avec tous les ingrédients habituels – crimes, sexe, trafics, la totale quoi ! Et j’ai trouvé ça très amusant. Mais j’ai voulu que la fiction soit solidement documentée au plan historique, un roman qui ait aussi du fond. Je ne peux pas dire que sa dimension historique représente la vérité, puisqu’il n’y a pas de vérité en histoire, il n’y a que des hypothèses qui s’approchent de la vérité. J’ai voulu être très rigoureux avec les textes qui racontent les débuts de l’Église ».

     Pour donner une idée de la méthode de Benoît : selon lui, Judas est pris dans  une machination visant à livrer Jésus aux autorités du Temple. Pour qu’il ne risque pas de parler, Pierre, le chef des apôtres, l’éventre d’un coup de poignard. Il semble que Judas était un obstacle à l’ambition de Pierre sur la route du pouvoir.

     Je demande « Où avez-vous trouvé la preuve de ce que vous avancez ? » – « Si vous lisez les Évangiles, vous trouvez deux récits de la mort de Judas. J’ai retiré les lunettes de la foi, et j’ai étudié ces textes comme n’importe quels autres. Le premier récit est celui de Matthieu : Judas se serait suicidé par pendaison. Le second se trouve dans les Actes des Apôtres, qui décrivent l’éventration de Judas. Et qui en fait le récit circonstancié ? L’apôtre Pierre. Partant de là, j’ai fait tout un travail de critique de la « version officielle », avec sérieux »

     Je suggère à Benoît qu’aucun tribunal ne condamnerait Pierre sur ce genre de fait. « Je m’y tiens comme à une hypothsèe historique, confirmée par l’étude de l’ensemble des textes. Vous me parlez de faits : Le seul fait certain est que Jésus est mort. Pour le reste, il faut s’appuyer sur trois choses : les textes, le contexte, et le bon sens ».

        (Paru dans The Independant on Sunday du 12 août 2007)

(1)The Independant est un peu l’équivalent anglais de Libération : un journal de gauche (anglaise !), dont les journalistes sont réputés pour leur franc-parler.

Vient de paraître « JÉSUS ET SES HÉRITIERS, mensonges et vérités ».

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                      (150 pages)
                       
     Paru en mars 2006, Le secret du treizième apôtre a été inscrit sur la liste des best seller pendant plusieurs semaines, puis traduit en 18 langues étrangères. Il vient d’être édité dans le Livre de Poche.

     Très vite, d’Espagne, d’Italie, d’Angleterre, on m’a demandé : « Y a-t-il une vérité historique derrière ce roman ? Où s’arrête l’Histoire, où commence la fiction ? »

     Pour répondre à cette question, j’ai d’abord écrit une notice de 30 pages. Qui m’a vite semblé insuffisante : je l’ai amplifiée, et voici le résultat.

     Dieu malgré lui avait été écrit entre 1995 et 2000 : depuis, la recherche a beaucoup progressé. Si je devais refaire aujourd’hui cet essai, le fond en serait le même. Mais j’apporterais quantité de précisions, en le situant mieux dans le contexte de la « quête du Jésus historique ».
     C’est ce qui est fait dans Jésus et ses héritiers.

     Encore un livre sur Jésus ? Non. A l’éclairage direct, j’ai préféré l’indirect. 
     Que savons-nous d’historiquement fiable sur l’entourage du prophète Galiléen, sa famille, ses apôtres, le mystérieux treizième apôtre ? 
     Qui était Judas ? Est-il mort suicidé, ou bien… assassiné, et alors par qui ? Pierre fut-il l’Honnête Homme qu’on cherche à nous présenter dans le Nouveau Testament ? 
     Marie Madeleine enfin :  a-t-elle été l’amante de Jésus ? Si non, d’où vient la légende ?
     Sur tous ces personnages devenus légendaires, que disent les textes ? Écrite par les vainqueurs d’un combat pour la mémoire qui dura cinq siècles, l’Histoire qu’enseignent nos catéchismes, que répandent les romanciers, est-elle véridique ?

     Les lecteurs du Secret du treizième apôtre trouveront ici, en quelques pages, réponses à toutes leurs questions sur l’arrière-plan historique du roman. Du moins, ce qui concerne les événements du 1° siècle et du début du 2° siècle.

     En Histoire, il n’y a pas de vérités définitives : il n’y a que des hypothèses, de plus en plus affinées.
     Jésus et ses héritiers est une contribution sur ce qu’on peut dire, aujourd’hui, du mythe fondateur de notre civilisation.

                                M.B., 4 février 2008

Un article sur « Jésus et ses héritiers ».

          Le Parisien Dimanche, quotidien national français, publie en date du 24 février 2008 un article sur « Jésus et ses héritiers ».
     Je ne connais pas le journaliste qui a écrit cet article. Je ne suis pas actionnaire de ce journal.

       Comme sa photocopie (ci-dessous) est difficilement lisible, je vous en donne une retranscription exacte.

          MICHEL BENOIT DÉVOILE UN AUTRE JÉSUS

     L’homme peut se targuer d’un parcours atypique. Ancien moine, Michel Benoît a consacré sa vie à la recherche de sa spiritualité et de sa liberté.

     Cet écrivain – dont les romans et les essais sont publiés chez Albin Michel – présente aujourd’hui son dernier ouvrage, « Jésus et ses héritiers », qui est en librairie. Oubliées les thèses à l’emporte-pièce des « Da Vinci Code » et autres ersatz.

       Un véritable érudit

     L’auteur est un véritable érudit, jonglant avec les méthodologies et les références les plus rigoureuses. Le livre est un essai dans lequel l’auteur tente de faire, à travers les écrits sacrés ou scientifiques, un portrait plus moderne de Jésus. Il installe, dès les premières pages, une double identité, Jésus à la fois homme et figure sacrée. En véritable profileur, Michel Benoît suit les pas de son sujet, quitte à froisser certaines convictions.

     En une phrase, voilà qu’il replace les bases d’une religion qui naissait il y a deux mille ans : « Il (Jésus) n’a jamais voulu fonder le christianisme, mais réformer profondément le judaïsme ».

     Enrichi de références bibliographiques à foison, l’essai se lit comme un polar, une forme d’enquête passionnante.
          A.H.
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