VIOLENCE FRANÇAISE : NI DIEU NI MAÎTRE

Est-ce reparti pour un tour ? L’histoire du peuple français commence avec la Guerre des Gaules. Quand Jules César envahit le pays au-delà les Alpes, il trouve un territoire occupé par des tribus celtes qui passent leur temps à se faire la guerre les unes aux autres. Un chef charismatique, Vercingétorix, tente de fédérer ces tribus pour résister à l’envahisseur. Il dispose de 100.000 hommes en armes tandis que César n’en a que 60.000, il connaît parfaitement le terrain, ne manque pas d’approvisionnement.

Pourtant à Alésia, il va se rendre. Pourquoi ? Parce qu’il a été incapable de faire accepter son autorité par les chefs des tribus gauloises. Sous les yeux de César ils se chamaillent sans autre projet que de prendre la place du chef. Ils préfèrent perdre la guerre, être anéantis plutôt que d’unir leurs efforts sous la bannière d’un seul. Nous ne connaissons pas les arguments des uns et des autres, mais le résultat est là : Alésia est un suicide collectif.

« Chacun pour soi », « Pas de maître », « Non à l’autorité » : peut-on déjà parler déjà d’égalitarisme, aucune tribu n’acceptant de se soumettre à un l’autorité d’un seul pour sa survie ? Peut-on parler d’anarchie, chacun préférant le chaos et la défaite plutôt qu’un effort commun pour exister ? En tout cas, les gaulois provoquent un appel d’air vers la dictature, seule capable de les unifier en les soumettant à la force de César, qui rafle la mise.

Les Celtes perdent à jamais leur identité et leur culture pour devenir gallo-romains. Soumis à Rome.

C’est la christianisation de la Gaule qui va donner aux Gaulois devenus Français leur spécificité, en nourrissant leur refus de toute autorité par une idéologie altermondialiste. Des évangiles ils retiennent un slogan : « Bienheureux les pauvres, malheur à vous les riches ! » Dans la France chrétienne un autre monde est possible, où les derniers seront les premiers.

Au Moyen-âge quelques tentatives altermondialistes – les Vaudois, les Cathares – furent durement réprimées par l’Église et donnèrent finalement naissance à la réforme protestante. Mais c’est la Révolution française qui conjugua pour la première fois deux aspirations en une seule : pas d’autorité religieuse, pas d’autorité unique. Le résultat fut une dictature : le pouvoir d’un seul, Napoléon, et le retour de l’Église.

Tout était en place pour qu’apparaisse l’anarchisme au 19e siècle avec son slogan, « ni Dieu ni maître. » An Archos, aucune autorité. Personne n’obéit à personne.

Au même moment prenait naissance un mouvement qui voulait se distinguer de l’anarchisme mais en était profondément imprégné : le communisme. Après l’échec de la Commune de Paris – l’absence de pouvoir au pouvoir -, Lénine donna le pouvoir aux Soviets censés représenter l’autorité du peuple. On connaît la suite : comme autrefois les Celtes, comme les révolutionnaires français, les Russes se soumirent à la dictature.

Le courant anarchiste n’a jamais disparu en France. Il est brutalement réapparu en mai 68, à la fois utopique, romantique et christique. Car le Concile Vatican II venait de s’achever, libérant la parole et les rêves d’une France encore très catholique.

Aujourd’hui, le rêve évangélique a disparu de l’espace français. Le rêve altermondialiste aussi, puisqu’on se rend vaguement compte que la mondialisation est un fait acquis, irrémédiable. Que reste-t-il aux anarchistes de 2018 ? Détruire l’ancien monde comme leurs prédécesseurs, mais contrairement à eux, sans savoir par quoi le remplacer. N’ayant plus ni idéologie ni utopie fédératrice, ayant perdu l’élan romantique de mai 68, ils ne proposent plus qu’une chose : casser.

Et comme en 1791, comme en 1968, ce sont les privilégiés qui organisent la casse.

Allons-nous vers un énième suicide collectif ?

                                                           M.B. triste, 19 mai 2018

3 réflexions au sujet de « VIOLENCE FRANÇAISE : NI DIEU NI MAÎTRE »

  1. Emile Hesta

    Poser la question,ne serait-ce pas,une fois de plus,y répondre?
    Je ne suis pas de ceux qui pensent que l’histoire se répète,pourtant il y a souvent des analogies….En plus,le suicide collectif ne se limiteritait pas à la France…A mon humble avis,ni plu ni moins,les pays de l’alliance de Visegrad,Pologne,Hongrie,Slovaquie et Tchéquie ont plus de chance de survie,ils ne donnent ni dans la culpabilité morbide,ni dans l’altermondialisme,ni dans tout ce mic-mac bien pensant et mortifère.
    Cordialement.
    Emile.

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