Archives du mot-clé Jésus

TYRANNIE DES APPARENCES ET VIOLENCE : les mystiques ont-ils quelque chose à nous apprendre ?

 Les premières traces d’Homo Sapiens montrent quelque chose d’étonnant : ils rassemblaient les ossements de leurs défunts en un même lieu – alors que les restes des animaux sont éparpillés dans la nature. Yves Coppens pense que c’est à cet indice qu’on détermine le seuil qui sépare les grands singes des hominidés : la conscience qu’il y a quelque chose après la mort, puisque les restes des humains sont collectés dans l’attente confuse, non-formulée, de ce « quelque chose ».

I. Platon et la caverne

En Occident il va falloir attendre Platon pour que cette conscience vague soit formulée dans sa fameuse « parabole de la caverne ». Nous sommes enchaînés, dit-il, dans une grotte obscure, le dos tourné à l’entrée. Jamais nous n’avons vu la source de la lumière qui nous parvient depuis l’ouverture. De la réalité du monde extérieur nous ne connaissons que les ombres, projetées par cette lumière sur le fond de la caverne. Si l’un de nous est libéré de ses chaînes et va jusqu’à l’entrée de la caverne, il sera d’abord ébloui par la lumière et par la réalité du monde qu’il découvre. Revenu auprès de ses compagnons, il ne trouvera pas les mots pour leur dire ce qu’il a vu, pour leur communiquer son expérience toute nouvelle de cette réalité. Les malheureux ne pourront pas comprendre ce qui lui est arrivé, ils le recevront très mal et  refuseront de le croire. Lire la suite

MONSIEUR HULOT EN VACANCES PENDANT LA FIN DU MONDE

Chacun se souvient des Vacances de Monsieur Hulot de Jacques Tati. Ce sympathique personnage s’élevait contre la bêtise humaine et son conformisme par un comportement loufoque. Mais Tati va plus loin : son héros a un allié, un jeune garçon dont on comprend qu’il est le seul, avec Hulot, à voir le monde tel qu’il devrait être. Car cet Hurloberlu pose sur ses contemporains un regard enfantin lucide, à la fois cruel, tendre et naïf. Non seulement il voit clair, mais il veut à tous prix préserver une relation authentique avec le monde qui l’entoure, dont il n’accepte pas qu’il soit en train de changer – et de changer pour le pire.

I. « Si on ne fait rien, c’est la fin du monde pour demain »

Il y a 13 ans, le biologiste et économiste Jared Diamond publiait un livre qui fit du bruit, Collapse (1). Notre civilisation et la planète elle-même, disait-il, sont sur le point de s’effondrer sous quatre menaces  : Lire la suite

JÉSUS SUPERSTAR ? Trois exégètes récents

Qui est le plus grand héros-bestseller de tous les temps ? Sans conteste, c’est Jésus dit ‘’le Christ’’. En moyenne, depuis quarante ans paraît un livre tous les six mois sur l’inconnu le plus célèbre de la planète. On pourrait croire que tout a été dit ? Eh bien non. Des chercheurs et des romanciers continuent inlassablement d’ouvrir le ‘’dossier Jésus’’, examinant l’une ou l’autre des facettes (apparemment inépuisables) d’un diamant qui fascine autant qu’il intrigue, qui irrite autant qu’il captive.

Jésus superstar reste au sommet du podium. Lire la suite

FICTION, RÉALITÉ ET DESTIN DE L’OCCIDENT (Y. N. Harari)

Dans son évolution, le cerveau d’Homo Sapiens a grossi (1), il a inventé un langage qui lui était propre. Non plus des signes ou des expressions corporels, mais des sons articulés qui étaient sans relation avec son environnement. Ces sons désignaient une réalité qui n’était pas celle de la nature qui l’entourait : une réalité immatérielle. Il a communiqué une quantité d’informations sans rapport avec son contexte immédiat. Il ne s’est plus contenté de réactions utilitaires, il a bavardé.

Le bavardage humain échangeait des informations non seulement sur « ce qui est », mais sur ce que signifie ce qui est : des symboles et des valeurs, sources de socialisation. Le langage humain s’est mis à transmettre des informations sur ce qui n’est pas dans la nature qui l’entourait. Détachées de la réalité immédiate et triviale, ces informations étaient donc fictives.

La fiction nous a permis  d’imaginer des choses qui n’existent pas dans la nature, et de le faire collectivement. Partagées par un grand nombre, ce sont ces fictions qui ont permis à l’Homo Sapiens de dominer le monde. Le passage de la tribu restreinte à la collectivité s’est effectué grâce à ces fictions qui n’existent que dans l’imagination collective ; légendes, mythes, dieux, religions, lois économiques et sociales n’existent que dans les histoires que les gens inventaient, se racontaient, partageaient, et auxquelles ils soumettaient leur jugement et leurs actes. Lire la suite

IMPOSSIBLE ‘’NOUVEAU MONDE’’ ? E. Macron à la croisée des chemins

      Changer le monde, faire advenir un monde différent, meilleur, qui supplanterait ‘’l’Ancien Monde’’ pourri, ce n’est pas nouveau mais est-ce réaliste, ou bien utopique ? Hannah Arendt définit l’utopie comme une abolition « de la distinction entre la réalité et la fiction. » Plus de limites, les valeurs traditionnelles s’effacent devant l’urgence du rêve à accomplir. L’utopie possède une vérité supérieure à toutes les autres, elle est donc foncièrement religieuse, aussi absolue que Dieu lui-même. La remettre en cause c’est aller à contresens de l’ordre du monde, refuser le sens de l’Histoire. Lire la suite

AU COMMENCEMENT, DIEU CRÉA (III) – La fin du monde ?

Le monde que nous connaissons ne s’est pas fait en une seule fois : il y a d’abord eu la création de l’univers puis celle de l’humain pensant (1), et enfin cette espèce de création permanente qu’est l’amour divin à l’œuvre dans l’humanité (2). Alors se pose la question : tout ceci aura-t-il une fin ? Et si oui, laquelle ? Deux types de réponses ont émergé dans l’histoire de la pensée, examinons-les. Lire la suite

SOLITUDE, OU ISOLEMENT ? Le mal du siècle

Jamais on n’a autant communiqué, et jamais il n’y a eu autant de solitudes. Des recherches récentes montrent que « la solitude réelle ou ressentie augmente considérablement les risques de décès. » (1) Mais s’agit-il seulement de solitude ?

L’isolement : le désert qui tue Lire la suite

« UN HOMME NOMMÉ JÉSUS » sur France 2: cinq ans après

Rediffusion hier sur France 2 du film Un homme nommé Jésus, présenté par Stéphane Bern mais écrit et réalisé en 2013 par Roland Portiche qui faisait appel à une dizaine de spécialistes, dont votre serviteur. Mais suivi cette fois-ci d’une longue seconde partie, qui n’existait pas dans la version de Roland et dont il n’est pas l’auteur. Lire la suite

DIEU EST-IL INTERVENTIONNISTE ?

J’ai longtemps cru que ‘’Dieu’’ ne pouvait pas intervenir dans la marche de l’humanité. Ma conviction était celle d’un scientifique, elle avait la simplicité de la démonstration rationnelle. En admettant que ‘’Dieu’’ ait créé l’univers et l’ait doté des lois physiques, chimiques, biologiques que nous découvrons chaque jour, ce sont ces lois, voulues par lui en même temps que la création, qui dirigent l’univers. Elles sont aussi immuables que lui, il ne peut pas intervenir pour les infléchir ou les modifier. Lire la suite