Archives du mot-clé Mal

POURQUOI LE MAL ? POURQUOI LA SOUFFRANCE ?

  D’où vient la souffrance qui domine le monde ? Pourquoi tant de maux sur cette planète ? Cette question, elle hante l’humanité depuis qu’elle pense. Dans La danse du Mal, je fais dire à l’un de mes personnages : « Aucun philosophe, aucun théologien, aucun penseur n’a pu dire d’où vient Le Mal. Dieu en est-il l’auteur ? Personne ne peut répondre à cette question-là et pourtant, en chaque point du globe, tous en souffrent ». Lire la suite

« LA DANSE DU MAL » : pourquoi ce titre ?

Frère Nil, moine sincère et loyal envers lui-même, découvre un jour « qu’une force invisible, insaisissable, l’attaque quand il s’y attendait le moins. Si ingénieuse, si perspicace, si sournoise et efficace, qu’elle ne peut être que personnelle. Elle trouve en lui la faille, s’y introduit pour le détruire. C’est un ennemi qui ajuste ses coups, frappe quand il veut, où il veut, et fait mouche ».

Apparemment banal sans histoires, Nil porte un lourd passé qu’il tente désespérément d’oublier, de refouler. C’est par là que Le Mal va tenter de s’introduire en lui. Lire la suite

« LA DANSE DU MAL » RÉVOLUTIONNE LE THRILLER RELIGIEUX

 Que se passerait-il si on découvrait un manuscrit très ancien, qui prouverait que le Coran n’est pas tombé du ciel directement dans l’oreille de Mahomet ?

Qu’il n’a pas été pensé à La Mecque, mais d’abord en Syrie, par des judéo-chrétiens ? Des disciples du Juif Jésus, restés fidèles à leur maître et qui avaient catéchisé leurs voisins Arabes au début du septième siècle ? Lire la suite

LA DANSE DU MAL, nouveau livre de Michel Benoît

Le Coran, l’islam des djihadistes, le Vatican… tous pris dans une valse infernale.

La danse du Mal révolutionne le thriller religieux.

À Rome où il prépare sa thèse de théologie, frère Nil apprend la disparition de son ami Georges, moine catholique syriaque. Il se laisse entraîner en Syrie à sa recherche, et à la recherche d’un manuscrit du Coran contemporain de Mahomet, qui pourrait bouleverser l’équilibre du monde.

Depuis son bureau de l’ancienne inquisition, un prélat aussi discret que redoutable est décidé à s’en emparer pour lutter contre la poussée musulmane. Nil échappera-t-il aux djihadistes acharnés à détruire ce manuscrit ? À l’émissaire du Vatican lancé à ses trousses ? Sauvera-t-il Sarà, la belle juive au passé ténébreux ?

Un thriller initiatique traversé par les fureurs de notre temps, du calvaire des chrétiens d’Orient à la recrudescence d’un messianisme devenu l’arme fatale de l’axe du Mal.

               Un roman terriblement actuel et stimulant.

En librairie ou sur Amazon.fr le jeudi 2 mars

(Pourrez-vous tenir jusque là ?)

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LE DIABLE EXISTE-T- IL (III) ? Job et la souffrance innocente

Pourquoi y a-t-il sur terre de la souffrance ? Pourquoi les justes, les innocents souffrent-ils ? Cette question de la souffrance innocente, elle hante la Bible qui lui consacre l’un de ses plus beaux textes, le Livre de Job ­– chef-d’œuvre de la poésie antique (Ve siècle avant J.C.) Lire la suite

LE DIABLE EXISTE-T-IL ? Les mystiques (II).

Les commentaires au précédent article résument bien nos réticences à admettre l’existence d’une puissance maléfique personnalisée, et notre rejet viscéral d’une telle réalité. C’est toute notre culture, notre éducation rationaliste et scientifique qui s’opposent à l’idée d’un ou plusieurs diables acharnés à nous faire souffrir et à nous perdre. On invoque le « déterminisme scientifique », on dit que « Satan décrit plus une situation qu’un être démoniaque », on parle d’adversité, de destin, de fatalité, d’hypertrophie de l’égo – bref, de forces impersonnelles, aveugles et incontrôlables dont nous subissons les méfaits. On rappelle le vieil argument : « Dieu est bon, donc il ne peut être l’auteur du Mal. » Il nous a dotés d’un libre arbitre, c’est nous qui en usons mal et sommes responsables de tout.

Ces arguments sont battus en brèche par le regard porté sur l’histoire de notre planète, par la relecture de nos vies personnelles et par les expériences hors normes des mystiques. Lire la suite

ORIGINE DE L’UNIVERS : l’être humain (III)

            L’univers n’est pas éternel, il a commencé. Une impensable quantité d’énergie est devenue matière en même temps qu’advenaient l’espace et le temps. À l’origine de ce passage du virtuel au réel, un algorithme, une information informante. J’ai cru pouvoir retenir cette hypothèse, la plus consonante avec nos connaissances scientifiques actuelles.

            Mais l’être humain ? Dans cet univers, comment est-il devenu ce qu’il est ? Lire la suite

CORAN, LES CHOSES BOUGENT (3) : Boualem Sansal, « 2084, la fin du monde »

            Quel écrivain peut-il se déclarer athée dans un pays musulman ? Se voir surveillé, inquiété, limogé, plusieurs fois censuré par ce pays, et pourtant ne pas s’exiler ? Rester là-bas, continuer à écrire malgré l’hostilité, le danger ?

            Ce pays c’est l’Algérie et cet écrivain c’est Boualem Sansal, l’auteur de 2084, la fin du monde (1).

            Un roman écrit dans une langue superbe, d’une richesse foisonnante – l’auteur a reçu en 2013 le Grand prix de la francophonie de l’Académie Française. Un humour de dérision subtil, et d’autant plus efficace. Ah, l’humour ! Qui permet seul de survivre dans un monde dominé par la Pensée Unique.

            Boualem Sansal ne s’en cache pas, il imite le 1984 de George Orwell. Mais le pastiche s’arrête là, puisqu’il applique le procédé d’Orwell non plus à une dictature quelconque mais à l’islam, et à sa nature totalitaire.

            J’imagine qu’il a lu les chercheurs qui, depuis un siècle, déconstruisent la légende musulmane, chercheurs dont Naissance du Coran propose une synthèse. Leurs travaux érudits, il en fait une fiction, codée de façon transparente : remplacez Yölah par Allah, Abi par Muhammad, le Gkabul par le Coran, l’abilangue par sa langue, l’abistan par l’islam, la Kiiba par la Kaaba de La Mecque, la Juste fraternité par le califat, etc… En voici quelques extraits, dans lesquels mes lecteurs retrouveront l’essentiel de Naissance du Coran  (2). Lire la suite

TOUT EST RELIGIEUX ? (Emmanuel Todd et la laïcité)

M. Emmanuel Todd a reçu de son hérédité l’inquiétude, source de questionnements radicaux, qui a fait au cours des siècles la grandeur du judaïsme. Dans un article de l’Obs du 30 avril dernier il déclare qu’en France, « tout est religieux désormais. Mais tout est religieux parce que la religion s’éclipse, et que rien ne l’a supplantée. » Lire la suite

MORT D’ISABEL ELLSEN : danse avec Le Mal

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         Isabel Ellsen est morte jeudi 18 octobre 2012 à l’aube. Elle avait 53 ans.

           Retour en arrière. Ầ Paris, je rencontre mon géniteur, qui m’avait abandonné encore enfant pour partir avec une de ses maîtresses. Il me dit bonjour, puis s’écarte avec un sourire: « Michel, je te présente ta sœur. »

          Stupéfait, je tends machinalement la main : « Madame… »

          Les passants, les voitures, les murs s’effacent, elle envahit tout l’espace. Très belle, souple, féline. Elle bouge merveilleusement, avec grâce. Vient à moi, me fait le don de son visage, de son regard, de son sourire. Écarte gentiment ma main malhabile, me prend dans ses bras, me maintient contre elle : en un instant, cette étrangère venait de faire de moi son frère.

           Isabel, c’était ça : un cœur à fleur de peau, un regard bienveillant posé sur chacun, une tendresse.

          La chaleur contagieuse de la vie. Un don de soi spontané, sans réserve.

          Elle avait 28 ans, j’en avais 45. Ce jour-là, elle s’est installée dans ma vie.

          Peu à peu, j’ai appris ce qu’avait été la sienne. Dès l’enfance, ignorée par ses parents. D’abord un pensionnat de luxe, puis des pensions tout court, toujours plus loin, toujours plus froides. Enfin des familles d’accueil de plus en plus misérables, à mesure qu’elle subissait la déchéance de ceux qui l’avaient mis au monde. L’enfermement, l’attente de quelqu’un. Les sandwichs pain-moutarde.

           Survivre : « Je suis d’un genre qu’on ne trouve qu’à cinq ou six milliards d’exemplaire dans le monde : je fais mes bêtises d’abord, je demande conseil ensuite. » Demander conseil… oui, mais à qui ? Les amants se succèdent. Un cinéaste célèbre la bat : quand il lui envoie un fer à repasser au visage, elle le quitte, erre dans la rue son sac de voyage à la main, sans domicile fixe pendant des jours.

           Elle écrit des choses, fait le tour des rédactions : elle a du talent, on l’engage, on la publie. Elle est journaliste.

           « J’ai toujours pensé qu’une photo valait mieux qu’un long discours » : jamais elle n’a tenu un appareil photo ? N’importe, elle fonce, apprend sur le tas. Blousés, ses confrères lui montrent des trucs techniques. « Je n’avais pas envie de faire de la photo, je voulais devenir photographe. »

          Personne, jamais, n’ eu besoin de lui apprendre à regarder : elle sait voir, saisir l’âme derrière les visages, les attitudes et les corps.

           « Une belle photo, poignante, digne, marquante, ne peut être qu’une photo de guerre » : elle devient Grand Reporter, photographe de guerre.

          Pendant plus de douze ans, elle enchaîne l’un près l’autre tous les conflits du globe, Place Tian an Men, Somalie, Salvador, Beyrouth, Soweto, Bosnie… elle Voulait voir la guerre, elle la voit. Partout où la planète saigne, elle témoigne.

          Guerre du Golf : à Dharan un obus explose dans la chambre d’hôtel qu’elle venait de quitter. Elle change de chambre, et le lendemain retourne au front. En Croatie, les soldats serbes passent à un mètre du fourré où elle se cache pour échapper au massacre… « Mon courage n’a souvent été que de l’inconscience, de la curiosité. Le vrai courage, c’est un autre nom pour la plus grande humilité, la bonté, la générosité absolue. »

           Elle n’y est pas encore parvenue, mais voilà son horizon.

          Épuisée, elle doit arrêter. Pendant toutes ces années les amants n’ont cessé de défiler : 227 amants et demi, on n’est pas loin du compte. Auprès de chacun, elle a désespérément cherché l’amour. Tous, ils l’ont plaquée : J’embrasse pas.

          Certains s’acharnent à la faire souffrir, elle revit l’agonie de son enfance, la solitude, l’abandon : « Les romans parlent d’amour : et moi, je n’ai que des souvenirs de peur, de faim, de fatigue, des images de morts et de blessés. »

          « Je voulais du malheur, comme d’autres voulaient du bonheur. »

           Pourquoi cette attirance morbide, chez une femme jeune, belle, si pleine de vie, si gaie et affectueuse avec ses amis ?

           En naissant, elle s’est trouvée seule pour faire face à un adversaire redoutable : la force du Mal, la puissance destructrice du Mal, l’Adversaire, le Malin, le Satan, le Démon, le Diable, appelez-le comme vous voulez, le nom importe peu, la réalité est là. Le Mal n’a cessé de la poursuivre. Elle n’a pas fermé les yeux, tourné la tête. Elle n’a pas esquivé le face-à-face : il lui fallait voir les pas de Danse du Mal sur la planète.

          L’identifier au-dehors, pour mieux lui résister en elle ?

           Fascination / répulsion, L’Enfer, son casino, sa plage. Elle est descendue au sous-sol du casino, y a vécu en locataire. Pour voir le proprio, les yeux dans ses yeux, lui tenir tête, se battre avec lui au corps à corps.

          Couverte de bleus, elle saignait de partout. Mercredi dernier, elle s’accrochait encore aux cordes, s’apprêtait à repartir au combat. Elle est morte sous les coups, mais debout, sans reculer, sans abandonner le champ de bataille.

                     Pas là ! non ! pas dans ce fauteuil !

                    – Ne me soutenez pas ! – Personne !

                    Elle vient. Je me sens déjà bottée de marbre,

                    Gantée de plomb ! Je l’attendrai debout.

                    Que dites-vous ?… C’est inutile ?… Je le sais !

                    Mais on ne se bat pas dans l’espoir du succès !

                    Non ! non ! c’est bien plus beau quand c’est inutile !

                    N’importe : je me bats ! Je me bats ! Je me bats !

           Non, avec elle, Le diable n’a pas eu l’avantage.

           Ses éditeurs ont joué un rôle décisif dans sa carrière littéraire : André Ballant qui détecta très vite son talent, et fut pour elle comme le grand-père qu’elle n’avait jamais eu. Bernard Fixot, Hervé de la Martinière, Nicole Lattès, qui lui permirent de donner sa mesure.

           Elle écrivait comme elle vivait : les phrases se succèdent, brèves, hachées, boum-boum, il n’y a que du ferme, pas de gras. On ne ‘’lit’’ pas Isabel : on court après elle pour ne pas perdre les sensations qui s’enchaînent à perdre le souffle, on a du mal à suivre. C’est violent, c’est torrentiel, saccadé. Aucune concession à la facilité. Cette femme si totalement féminine tenait sa plume comme un soldat sa kalachnikov.

           On aime, ou on n’aime pas. Quand on a eu le malheur de se laisser prendre, on a le bonheur d’être happé, entraîné, bousculé, submergé, tonifié, englouti, oxygéné, rafraîchi, lavé, remis debout. « J’ai ma Bible personnelle. Chacun a la sienne pour marcher droit et prendre le minimum de raclées. »

           Mardi dernier à l’aube, mon téléphone sonne. Elle est clouée au lit, parle avec difficulté, respire mal, se plaint d’une douleur au sternum. « Isabel, tu as déjà fait un infarctus en juin dernier, je t’en prie appelle immédiatement SOS médecins, tu dois être hospitalisée d’urgence ! »

          Le soir, je la rappelle : « Ça va mieux dit-elle, demain je vais au travail… »

          Le lendemain, la douleur a gagné tout le côté gauche : « Isabel, tu es en train de faire un deuxième infarctus, tu dois absolument être hospitalisée ! » Sur sa promesse d’appeler le SAMU, je pars pour un rendez-vous à Paris, rentre tard.

           Jeudi matin, son téléphone ne répond pas. Je reçois un appel d’une de ses amies : « On vient de la trouver, morte, dans son lit. Son visage était paisible, comme si elle dormait. »

           Elle a dû perdre connaissance très vite, sa position et l’état du lit le montrent. Elle n’a pas souffert.

           Et plus personne, désormais, ne la fera souffrir.

           Si vous avez su la rencontrer, vous savez à quel point elle était humaine. Jusqu’à vouloir partager ce qu’il y a de plus sombre en l’Homme, soit comme témoin, soit comme victime. Ầ la recherche, au plus profond des profondeurs, de la pépite, de l’éclat fugitif, du plus petit signe de lumière.

          Et si vous êtes passés à côté d’elle, sachez qu’elle a fait honneur à notre condition humaine.

                     Restez encore un peu : vous étiez le seul à le connaître :

                    N’est-ce pas que c’était un être exquis, un être

                   Merveilleux ?

                               – Oui, Roxane

                   Un coeur profond, inconnu du profane ?

                                                       – Oui, Roxane.

                   Une âme magnifique et charmante ?

                                                                               – Oui, Roxane !

 

          On te pleure, Isa : ne nous oublie pas.

          On a besoin de toi pour marcher un peu plus droit.

                                                                M.B., 21 octobre 2012