FICTION, RÉALITÉ ET DESTIN DE L’OCCIDENT (Y. N. Harari)

Dans son évolution, le cerveau d’Homo Sapiens a grossi (1), il a inventé un langage qui lui était propre. Non plus des signes ou des expressions corporels, mais des sons articulés qui étaient sans relation avec son environnement. Ces sons désignaient une réalité qui n’était pas celle de la nature qui l’entourait : une réalité immatérielle. Il a communiqué une quantité d’informations sans rapport avec son contexte immédiat. Il ne s’est plus contenté de réactions utilitaires, il a bavardé.

Le bavardage humain échangeait des informations non seulement sur « ce qui est », mais sur ce que signifie ce qui est : des symboles et des valeurs, sources de socialisation. Le langage humain s’est mis à transmettre des informations sur ce qui n’est pas dans la nature qui l’entourait. Détachées de la réalité immédiate et triviale, ces informations étaient donc fictives.

La fiction nous a permis  d’imaginer des choses qui n’existent pas dans la nature, et de le faire collectivement. Partagées par un grand nombre, ce sont ces fictions qui ont permis à l’Homo Sapiens de dominer le monde. Le passage de la tribu restreinte à la collectivité s’est effectué grâce à ces fictions qui n’existent que dans l’imagination collective ; légendes, mythes, dieux, religions, lois économiques et sociales n’existent que dans les histoires que les gens inventaient, se racontaient, partageaient, et auxquelles ils soumettaient leur jugement et leurs actes.

Car on ne trouve dans l’univers ni dieux, ni nations, ni argent, ni lois, ni justice hors de l’imagination partagée par des êtres humains. Certains ont donc raconté des histoires, et convaincu les autres d’y croire. Tant que ceux qui racontent avaient le pouvoir, ces histoires s’imposaient à tous. Et si le pouvoir leur échappait, les gens cessaient de croire à leurs histoires – et à la réalité fictionnelle qu’elles véhiculaient. Cela ne se faisait pas du jour au lendemain, d’abord parce que le pouvoir changeait lentement de mains. Et ensuite parce que la réalité fictionnelle (les histoires racontées) était séduisante, elle apportait des réponses aux questions que se posaient les humains. Mais le pouvoir échappant aux créateurs/diffuseurs de mythes, la réalité revenait en force  : les gens perdaient confiance dans les mythes qui les avaient élevés au-dessus d’eux-mêmes En quelque sorte, ils retombaient sur terre.

La confiance est donc nécessaire à la permanence dans le temps des sociétés bâties sur des fictions. Par exemple, l’économie et l’argent : les échanges économiques et les monnaies qui les rendent possibles reposent entièrement sur la confiance. Si l’économie d’un état s’affaiblit, si elle n’est plus crédible, sa monnaie perd rapidement de sa valeur. C’est la dévaluation et, à terme, la banqueroute. Quand les états sont liés entre eux par un pacte de confiance, la banqueroute de l’un entraîne la faillite de tous et le système fictionnel s’écroule. C’est ce qui a failli se produire pour la Grèce en 2009, et c’est pourquoi les états du monde entier sont venus à son secours en lui prêtant de l’argent. Sans quoi l’économie, l’argent et les états – ces fictions – tombaient comme un château de cartes.

  Homo Sapiens a ainsi inventé une immense variété de réalités imaginaires qui lui ont permis de prendre le contrôle de la planète. Non pas en ignorant les lois naturelles, « ce qui est », mais en leur imposant la force de « ce qui n’est pas » – les fictions du capitalisme, des monnaies, des lois, des états avec leurs frontières imposées à la réalité géographique, etc.

Ces histoires/fictions élaborées hors de la réalité matérielle ont exercé sur elle une puissante relation transformante. La fiction transformait la réalité, un peu comme si les humains avaient modifié les ombres qu’ils apercevaient au fond de la caverne de Platon. En modifiant, en changeant la nature de ces ombres, l’humain a cherché à créer une autre réalité que celle qui projetait des ombres au fond de la caverne. Et il a cru y parvenir : cet ensemble de réalités fictionnelles, c’est ce qu’on appelle des cultures. Et les organisations sociales auxquelles elles donnent naissance s’appellent des civilisations. Des mythes et des fictions ont habitué les gens, dès la naissance, à penser de certaines façons, à se conformer à certaines normes, à vouloir certaines choses et à observer certaines règles.

C’est ainsi qu’est née la culture et la civilisation qui sont la nôtre, faites de fictions superposées au fil du temps : la fiction chrétienne, celle de la Renaissance, de la Révolution, du Progrès lié à l’industrie. Avec des bulles fictionnelles qui explosaient, toujours plus violentes : la féodalité, le socialisme, le communisme, le nazisme… des fictions de l’esprit humain, inventées par ceux qui accédaient au pouvoir et qui les imposaient en réussissant à convaincre certains qu’ils allaient, grâce à elles, dominer les autres.

Splendeur et décadence des religions

On l’a dit, quand le pouvoir échappe aux créateurs de fictions, l’univers immatériel qu’ils ont inventé pour dominer le monde perd de son attrait, s’étiole et peut disparaître. Avec la monnaie et les Empires nationaux, la religion a été le troisième grand unificateur de l’humanité. Les ordres sociaux et hiérarchiques (les lois) étant imaginaires, donc fragiles, les religions ont longtemps donné une légitimité supra-humaine à ces structures vulnérables.

Une religion est un système de valeurs et de normes fondées sur la croyance en un ordre supra-humain universel, qui s’impose donc à tous. Autrement dit, les religions – toutes les religions – sont des organismes qui se créent autour de fictions (qu’on peut aussi appeler idéologies) pour prendre le pouvoir, puis pour le conserver à tout prix. C’est ainsi que le christianisme a pris le pouvoir en Occident en l’an 481, l’a profondément modelé pendant quinze siècles, s’est répandu sur la planète à la suite des conquistadors. Les chrétiens ont construit des cathédrales de l’esprit avant d’édifier des cathédrales de pierre. Qu’on le veuille ou non, l’Occident en a gardé une marque indélébile.

Et puis… et puis sont arrivées des révolutions philosophiques, politiques, scientifiques, bioéthiques, qui ont ébranlé le colosse en fissurant gravement son ensemble fictionnel, pourtant bétonné et ancré dans notre culture. Laquelle est en train de se réinventer, ou plutôt de se relever après l’affaiblissement de la fiction chrétienne. En fait, on le constate chaque jour, c’est lentement que nous nous relevons – tant il est difficile de remplacer une (grande) fiction par une autre. Actuellement, le drame de l’Occident européen et américain c’est de n’avoir rien sous la main pour remplacer la grande fiction chrétienne, avec ses développements sociaux-économiques. Le libéralisme n’est pas capable d’inspirer une nouvelle civilisation : il lui manque la vision supra-humaine et humaniste qui était celle du christianisme. Privé de sa fiction constructive, l’Occident ressemble à un bateau ivre. Et la planète est de plus en plus livrée à l’anarchie.

L’islam n’en est pas là, simplement parce qu’il n’a pas connu ces révolutions philosophiques, politiques, etc., qui furent les nôtres. Plus précisément, au cours de son histoire l’islam a connu quelques moments d’émancipation de la fiction originelle, épisodes rapidement anéantis par les pouvoirs califaux successifs. Ce qui a fait la splendeur de l’islam, c’est son aspiration vers le désert et son dénuement, qui lui faisait entrevoir l’absolu d’un Dieu dont il avait puisé les traits dans la fiction judéo-chrétienne. Ce qui fera un jour son déclin, c’est son refus d’admettre et d’adopter les mutations historiques auxquelles le christianisme s’est affronté, douloureusement, depuis deux siècles.

 Parce que ce sont des fictions liées au pouvoir de ceux qui les ont créées, les religions connaissent toutes ce cycle de splendeur impériale suivi de déclin, plus ou moins lent, plus ou moins violent mais irrémédiable. « Nous autres civilisations, nous savons que nous sommes mortelles » disait Paul Valéry. Comme les civilisations, les religions qui les sous-tendent sont des fictions. Comme elles, elles furent puissantes et dureront autant que les humains en auront besoin, pour se sentir exister et tenir en mains le destin de leurs vies et de leurs pouvoirs.

Fiction et réalité : le cas de Jésus

L’hindouisme repose sur un ensemble de légendes décrites dans le Mahabarata, gigantesque fresque épique, onirique, colorée, qui repasse en boucle sur les télévisions indiennes et contribue toujours à façonner l’imaginaire populaire du sous-continent, justifiant entre autres l’existence et la permanence des castes. Ses personnages sont totalement fictifs, l’hindouisme est une religion à base de rêves. C’est une religion an-historique, voire anti-historique.

L’islam repose sur deux piliers auxquels il est interdit de toucher sous peine de mort : un Coran tombé du ciel, dans l’oreille d’un Prophète visionnaire. Dans Naissance du Coran, j’ai montré que l’une et l’autre de ces réalités était purement fictive : le Coran n’est pas sorti de la bouche d’Allah pour être dicté à ses secrétaires par Muhammad. Et ce dernier n’a jamais été un prophète visionnaire, mais un guerrier charismatique dont on ignore à la fois le véritable nom et la biographie. Malgré un Prophète largement fictionnel, l’islam a toujours prétendu être une religion historique, à l’égal de ses deux sources, le judaïsme et le christianisme.

 Le judaïsme est historique parce qu’il s’appuie sur des personnages comme Abraham ou Moïse, et géographique parce qu’il revendique la possession du « Royaume de David. » Mais Abraham, Moïse et David sont des personnages fictionnels, et le Royaume de David n’a jamais eu la nature et l’extension que lui prête la légende juive.

Le christianisme s’est construit sur la mémoire d’un homme qui a vraiment existé, Jésus le nazôréen. Au fil d’une recherche de 30 ans, j’ai montré (2) comment cet homme a rapidement été transformé par ses héritiers en personne divine, ce qui a donné naissance à la civilisation chrétienne. Comme l’hindouisme, comme le judaïsme et l’islam, le christianisme est lui aussi une fiction – une fiction qui a réussi, puisqu’elle a imposé sa réalité pendant très longtemps à une bonne partie de la planète.

Mais cette fiction diffère radicalement des trois autres sur un point capital : à sa base il n’y a pas une fresque imaginaire, une légende, mais un homme de chair et d’os, Jésus. Contrairement à Abraham ou Moïse, nous sommes assurés que Jésus a bien existé. Contrairement à Muhammad, sa biographie nous est bien connue, avec une précision et des détails rarement rencontrés pour un personnage de l’Antiquité. Sa biographie (ses faits et gestes) mais aussi son enseignement, la façon dont il a voulu transformer je judaïsme de son enfance. Depuis deux siècles, des générations d’historiens et d’exégètes lui ont donné une réalité, une troisième dimension qui manquent totalement aux autres ‘’fondateurs’’ de religions.

En Occident le christianisme est sur le déclin, dans nos ex-colonies il est fortement concurrencé par un évangélisme néo-protestant très dynamique. Sa fiction originelle a perdu prise sur les sociétés qu’il a si longtemps animées de l’intérieur.

Mais le christianisme ne disparaîtra pas, à cause de Jésus. L’écorce du fruit est peut-être en train de pourrir, mais ce fruit-là (contrairement aux autres) contient en son cœur une graine qui n’est pas fictionnelle, mais réelle. Jésus n’est pas une fiction, c’est une réalité – et quelle réalité ! Une personnalité exceptionnelle, qui perce l’écran (ou plutôt le papier des évangiles.) Un enseignement qui révolutionne l’histoire des religions par sa simplicité, son absence de toute autre prétention que de présenter le chemin qui mène à un Dieu qu’il appelle Abba, papa, daddy (3). Un Dieu de tendresse, de pardon et d’amour infini.

Revenir à la personne de cet homme d’exception, c’est aujourd’hui possible grâce au travail acharné de ces dizaines d’historiens-exégètes. Ils ont permis de dégager l’homme et sa stature gigantesque des dogmes qui l’enfermaient dans une coquille fictionnelle qui se lézarde de partout.

Le problème, c’est que la personnalité de Jésus ne se prête pas aux belles histoires des fictions culturelles. Un homme (et un tel homme !), c’est terriblement réel. Toute fiction construite à partir de lui le dénature – comme le christianisme l’a dénaturé. Mais ne critiquons pas le christianisme : il a su préserver, dans les évangiles qu’il a modifiés sans totalement les dénaturer, le visage de Jésus et la force de son enseignement. Et au long de ses siècles d’histoire, il a connu des générations de mystiques (4) dont la vie fut bouleversée par la rencontre personnelle, quasi-charnelle, avec l’homme-Jésus.

Ce retour à Jésus, par-delà les dogmes et les structures ecclésiales remises en question, cette metanoia (conversion) au prophète juif des temps nouveaux prendra-t-elle racine en Occident, pour lui redonner la sève qui lui manque aujourd’hui ?

            L’avenir le dira.

                                                                        M.B., 21 octobre 2018
 (1) Je m’inspire ici des éléments exposés par Yuval Noah HARARI dans son best-seller Sapiens, Une brève histoire de l’Humanité, Albin Michel, 2015.
(2) Dans Dieu malgré lui (essai), Jésus et ses héritiers, mensonges et vérité (essai), Le secret du treizième apôtre (roman), L’évangile du treizième apôtre, aux sources de l’évangile selon saint Jean (essai), Jésus, mémoires d’un Juif ordinaire (roman).
(3) Présentation de cet enseignement révolutionnaire dans Jésus, mémoires d’un Juif ordinaire.
(4) Voir dans ce blog les articles sous le mot-clé « mystiques », case « rechercher »

14 réflexions au sujet de « FICTION, RÉALITÉ ET DESTIN DE L’OCCIDENT (Y. N. Harari) »

  1. Debanne

    Bonjour Michel Benoit,

    En vous lisant avec plaisir, une question m’est venue et je vous la soumets bien volontiers, n’étant pas spécialiste en ce domaine.

    Lors de l’apparition de Fatima, la Vierge Marie aurait transmis aux enfants plusieurs messages.

    L’un d’eux contenait la demande « que la Russie soit consacrée au Coeur de Marie ». Surprenant, mais admettons.
    De plus, elle aurait transmis un message pour le pape. Lequel comme ses successeurs, les uns après les autres, se seraient contenter de le lire sans plus. Jusqu’à Jean-Paul 2…

    D’où ma question : si l’église catholique s’est construite à partir des élucubrations des premiers apôtres, lesquels ont complètement déformé la parole originale de Jésus (comme vous le démontrez dans votre oeuvre), pourquoi « celle » qui s’est présentée aux enfants comme « l’Immaculée Conception », « a-t-elle jugé » nécessaire de transmettre un message au plus haut représentant de l’église catholique ?

    N’est-ce pas là, une manière pour cette « entité » de légitimer ladite église ?

    D’autre part, trouvez-vous l’idée de « consacrer la Russie au Coeur de Marie », comme un message de haute volée spirituelle ? Autrement dit, avait-« elle » besoin de l’église catholique afin que celle-ci lui consacre ladite Russie…

    Je m’excuse par avance auprès de ceux qui croient à cette « apparition » et à ses messages. Mais l’ensemble desdits messages est d’une telle platitude ou banalité, en plus de la consécration de l’église catholique au plan mondial, que j’en finis pas perdre mon latin (médiéval bien sûr)…

    Enfin, savez-vous si d’autres « apparitions » ont eu lieu, et s’il s’agissait alors par cette entremise, de consacrer les églises : grecque, luthérienne, copte, presbytérienne, gallicane, anglicane, juive, copte, musulmane, arménienne etc., et toutes les autres ?

    Et si oui, ou non, quelles conclusions en tirez-vous ?

    Amicalement,

    H de D.

    Répondre
    1. Michelbenoît-mibe Auteur de l’article

      Les apparitions de Fatima ont été attestée par plusieurs milliers de spectateurs qui ont assisté à la « danse du soleil » lors d’une des dernières apparitions.
      Les 3 enfants ont reçu un message à transmettre au pape, ce qui fut fait. J’ai toujours entendu dire que les papes successifs n’avaient jamais publié ces messages, dont on ne sait rien. Peut-être concernaient-ils la 1re guerre mondiale.
      La « consécration de la Russie au coeur de Marie » faisait-elle partie de ce message ? Si oui, personne n’en aurait rien su. Donc, non, ce « détail » ne faisait pas partie du message. D’ailleurs l’apparition aurait demandé « la consécration de la Russie à MON coeur ». Sa formulation même montre que cette histoire de consécration etc. vient d’une autorité ecclésiale, peut-être d’un des papes désarmé devant le révolution Bolchévique.
      Par ailleurs, les mystiques ayant des visions & apparitions s’expriment toujours dans le contexte culturel/religieux/dogmatique de leur époque. Ainsi de Bernadette Soubirous ou Mère Yvonne-Aimée de Malestroit. Ce n’est pas là qu’il faut chercher le coeur de leur message. A l’époque de Fatima, la dévotion au coeur etc. de Marie était populaire, l’Église en faisait une grande publicité. CQFD
      M.B.

      Répondre
      1. Debanne

        Bonjour Michel Benoit,

        Merci pour votre réponse ! Néanmoins, n’y a-t-il pas légitimation de l’église catholique par l’entremise de cette apparition, laquelle a délivré un message destiné au pape lui-même, par l’intermédiaire des enfants ?
        Amicalement,

        H de D.

        Répondre
        1. Michelbenoît-mibe Auteur de l’article

          Pourquoi le ciel ne légitimerait-il pas l’Église catholique, qui lui a quand même rendu quelques services ?
          M.B.

          Répondre
  2. Jean Ratte

    Bonjour Michel Benoit

    J’aime toujours lire votre prose. Elle est stimulante ,même et surtout quand on ne partage pas toutes vos opinions. J’attire votre attention sur une présentation que j’ai faite fin juin à Toulouse aux Rencontres Raymond Abellio et que vous pouvez trouver sur le site web du même nom. Le thème est la biosémantique du mythe judéo-chrétien. Pour animer la discussion, si vous pensez que ça intéresse vos abonnés, vous pouvez diffuser l’information .
    Bien à vous

    Jean Ratte

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  3. Gérard Fouss

    Bonsoir Monsieur Benoit,

    à chaque fois, je lis avec un grand intérêt vos articles, et à l’occasion, je puiserai dans la manne des articles plus anciens. En tant que chrétien fervent, mais non pratiquant, je parle tous les jours à Dieu, Marie, Jésus. Voici quelques temps, j’avais éprouvé le besoin d’assister à la messe dominicale, mais je me suis rendu compte que toute cette « mascarade » n’était finalement qu’une affaire d’hommes (êtres humains), et non voulue par Dieu. Votre dernier article vient, si j’ose dire, conforter ma position, même s’il va encore plus loin; à sa lecture, même si le raccourci est abrupt, j’en viens maintenant à douter de l’existence d’une divinité, de Jésus et de Marie, et partant, d’une certaine forme de vie après la mort. Mais le doute fait probablement partie intégrante de la foi chrétienne; bref, me voilà confus et perdu, ne voyant plus que le néant à l’issue de notre vie.

    Répondre
    1. Michelbenoît-mibe Auteur de l’article

      Tous les mystiques (mystique = ayant accès au mystère) connaissent de longues périodes de doutes, parfois très pénibles. Continuez à « parler à Jésus, Marie, etc. » Vous ne parlez pas dans le vide, si vous ne « percevez » rien ils sont là, et avec eux beaucoup d’autres qui nous attendent. En persévérant dans la nuit, vous prenez de la force. Petit exercice de musculation…
      M.B.

      Répondre
      1. Gérard Fouss

        Autres chose: vous présentez les choses en toute objectivité, de manière désintéressée, mais oh combien intéressante. Je n’avais jamais vu la religion chrétienne sous ce point de vue, aveuglé que j’étais par la « tradition », sans trop me poser de (bonnes!) questions. Je sais que vous « n’avez rien à vendre », mais auriez-vous quelques ouvrages « objectifs », écrits avec discernement – hormis les vôtres :-) – à recommander sur le christianisme (ses origines etc.)?
        Encore merci pour votre message d’encouragement; je continue à me muscler …

        Répondre
        1. peter

          Bonjour,
          vous pouvez lire « Jésus l’héritier , histoire d’un métissage culturel » JC Elleboode armand collin .
          « les nouvelles hypothèses sur les origines du christianisme  » jacques Giri ed Kartala .
          Et pour tous ceux qui veulent comprendre la notion de divinité , lire « la Divinité, le symbole et sa signification  » Paul Diel ed Payot.
          Il faut un petit bagage culturel , géographique , et politique du moyen orient entre le 7 siècle av JC et le 4 siècle ap Jc .
          C’est dense , passionnant et revigorant.
          Bonne lecture.

          Répondre
          1. peter

            Un autre livre me vient à l’esprit : « Dieu , un itinéraire. » Régis Debray odile jacob.
            Excellent avec cette plume virtuose de Mr Debray .

            Répondre
            1. Michelbenoît-mibe Auteur de l’article

              Régis Debray, ou l’art très parisien de brasser des mots pour ne rien dire.
              M.B.

            2. peter

              Michel , je respecte votre opinion su Debray et je crois qu’il a quand même un peu bourlingué et ses écrits brassent des mots et des phrases qui peuvent résonner et donner sens sur certains sujets.
              Avez-vous lu « un candide en Terre Sainte » ?

            3. Michelbenoît-mibe Auteur de l’article

              Non, je n’ai pas lu ce livre de lui mais j’en ai lu d’autres, et je l’ai rencontré quand il commençait son retour vers la déité. Hélas, comme tant d’autres il est prisonnier d’un ethos philosophico-politico(culturel qui l’empêche de devenir un petit enfant devant Celui que Jésus appelait « mon Père et votre Père ».
              M.B.

  4. Jean Roche

    Bonjour,
    Une précision, c’est le Catholicisme, à un degré moindre le Protestantisme traditionnel, qui sont de plus en plus concurrencés par l’Evangélisme néo-protestant, seule branche du Christianisme actuellement dynamique.

    Répondre

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