Archives pour la catégorie L’ISLAM EN QUESTIONS

Quelques-unes des questions que posent le Coran et l’islam à l’historien…

CARICATURES DE MAHOMET : elles ne datent pas d’aujourd’hui !

 Très peu de temps après la mort de Mahomet (632), des textes ont vu le jour autour du bassin méditerranéen pour le critiquer ouvertement. Leurs auteurs ? Des moines, des membres du clergé, parfois des laïcs chrétiens, qui tous résistaient par la propagande à la conquête arabe qu’ils subissaient. Ils nous ont transmis des écrits polémiques engagés. Lire la suite

Cycle : La civilisation occidentale peut-elle mourir ? (III) DESTINÉES DE LA CIVILISATION OCCIDENTALE

  Au terme de ces trois conférences sur la civilisation occidentale, vous attendez peut-être de moi une conclusion. Comme disait Flaubert, « La bêtise, c’est de vouloir conclure ». Je vais donc replacer notre réflexion dans un contexte plus vaste, entr’ouvrir quelques portes et vous laisser le soin de pousser l’une ou l’autre selon vos besoins.

Nous avons vu qu’une civilisation ce sont d’abord des valeurs, étroitement liées à une religion qui les précède ou les accompagne. Alain Peyrefitte écrivait en 1976 : « En Occident, la ferveur religieuse est retombée. Mais le mode de pensée qu’avait secrété la religion marque toujours les esprits. La société religieuse a fait naître une civilisation à son image, et cette civilisation se reproduit » (1). C’était le thème de la 1re conférence.

Des valeurs, qui engendrent une culture et un art de vivre en commun. C’est ainsi que la civilisation occidentale est née du christianisme en même temps que de l’héritage gréco-romain. Mais ces valeurs sont fragiles et aujourd’hui menacées. En 1957, recevant à Stockholm son prix Nobel, Albert Camus faisait ce bilan amer mais réaliste : « Nous sommes les héritiers d’une histoire de révolutions déchues, de techniques devenues folles, de dieux morts et d’idéologies exténuées ». Reprenons d’abord chaque point de ce bilan.

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CYCLE « LA CIVILISATION OCCIDENTALE » (II) : L’OCCIDENT AU PÉRIL DES MESSIANISMES. L’ISLAM… ET LES AUTRES.

 Nous nous sommes quittés (1) sur quelques constats. Le 1er d’ordre général : toutes les civilisations sont nées en même temps qu’une religion, qui produisait des valeurs communes et une culture commune. Sans valeurs, pas de civilisation. Le 2d plus particulier : peu de temps après sa mort,, la personne du Juif Jésus a été transformée en Messie. Nous avons vu que Jésus lui-même  avait refusé de son vivant ce titre de Messie. Comment donc, par la suite, ce titre a-t-il donné naissance à l’idéologie la plus meurtrière que l’humanité ait jamais connue : le messianisme ? Pour répondre à cette question, il nous faut remonter 3000 ans en arrière. Lire la suite

LE CORAN DES HISTORIENS (Mohammad Moezzi) : UNE AVANCÉE DÉCISIVE POUR L’ISLAM ?

La seule autorité qui rassemble tous les musulmans c’est le Coran, apparu fin 8e siècle dans une langue – l’arabe archaïque – qui n’avait pratiquement aucun antécédent littéraire. Pour les croyants, ce texte est matériellement la parole d’Allah dictée à un certain Muhammad qui serait mort en 632. Les exploits de cet homme ne sont mentionnés dans aucune des Chroniques & Annales contemporaines, alors que l’époque est plutôt bien documentée. Quatre générations plus tard Ibn-Ishâq reçut du calife abbaside al-Mansûr l’ordre de composer une « Vie du fondateur de l’islam ». Un siècle après lui, Ibn-Ichâm († 833) prit connaissance de l’œuvre d’Ibn-Ishâq avant qu’elle ne disparaisse, pour écrire la Al-Sirâ al-Nabawîya, biographie officielle de Mahomet constamment reprise jusqu’à nos jours. Lire la suite

ISLAM ET RÉPUBLIQUE (Macron et le CFCM) : QU’EST-CE QUE L’ISLAM ?

L’islam est-il soluble dans la République ? Est-il franco-compatible ? Pourquoi le président de la République tarde-t-il tant à faire un discours sur cette question ? C’est sans doute qu’il partage les mensonges habituels sur les questions brûlantes que pose l’islam, abordées dans l’article précédent.

M. Macron a réuni le CFCM (1) pour lui demander : « Comment nos concitoyens dont la religion est l’islam peuvent-ils vivre tranquillement leur religion en respectant absolument toutes les lois de la République ? » Le lendemain, le CFCM répondait par une annonce qu’il prétendait « forte ». Dix points, parmi lesquels : « Chacun doit être libre de vivre sa foi dans le respect du cadre républicain » ou « il faut lever toute confusion entre pratique religieuse piétiste et radicalisation ».

Ce qui pose la vraie question, la question simple à laquelle personne ne veut répondre : qu’estce que la foi musulmane ? Qu’est-ce que sa pratique religieuse piétiste ? Et finalement, qu’est-ce que l’islam ? Lire la suite

ISLAM, ISLAMISME ET RÉPUBLIQUE : les grands mensonges

  Ça fait des années qu’on se heurte au même problème, des années qu’on tourne autour ! Des années qu’on entend les mêmes choses, que les politiques, les commentateurs, les journaleux répètent les mêmes mensonges. En voici quelques uns, lus dans les gros titres de la presse française (1) : Lire la suite

LA TYRANNIE DES APPARENCES ET LA VIOLENCE : LES MYSTIQUES ONT-ILS QUELQUE CHOSE A NOUS APPRENDRE ? (Conférence à Paris)

Où se nichent les racines de la violence ? Alors qu’elle monte partout autour de nous, les mystiques ont-ils quelque chose à nous apprendre ?

I. Les premières traces d’Homo Sapiens montrent quelque chose d’étonnant : ils rassemblaient les ossements de leurs défunts en un même lieu – alors que les restes des animaux sont éparpillés dans la nature. Yves Coppens pense que c’est à cet indice qu’on détermine le seuil qui sépare les grands singes des hominidés : la conscience qu’il y a quelque chose après la mort, puisque les humains collectent leurs dépouilles dans la conscience confuse, non-formulée, de ce « quelque chose ». Lire la suite

TYRANNIE DES APPARENCES ET VIOLENCE : les mystiques ont-ils quelque chose à nous apprendre ?

 Les premières traces d’Homo Sapiens montrent quelque chose d’étonnant : ils rassemblaient les ossements de leurs défunts en un même lieu – alors que les restes des animaux sont éparpillés dans la nature. Yves Coppens pense que c’est à cet indice qu’on détermine le seuil qui sépare les grands singes des hominidés : la conscience qu’il y a quelque chose après la mort, puisque les restes des humains sont collectés dans l’attente confuse, non-formulée, de ce « quelque chose ».

I. Platon et la caverne

En Occident il va falloir attendre Platon pour que cette conscience vague soit formulée dans sa fameuse « parabole de la caverne ». Nous sommes enchaînés, dit-il, dans une grotte obscure, le dos tourné à l’entrée. Jamais nous n’avons vu la source de la lumière qui nous parvient depuis l’ouverture. De la réalité du monde extérieur nous ne connaissons que les ombres, projetées par cette lumière sur le fond de la caverne. Si l’un de nous est libéré de ses chaînes et va jusqu’à l’entrée de la caverne, il sera d’abord ébloui par la lumière et par la réalité du monde qu’il découvre. Revenu auprès de ses compagnons, il ne trouvera pas les mots pour leur dire ce qu’il a vu, pour leur communiquer son expérience toute nouvelle de cette réalité. Les malheureux ne pourront pas comprendre ce qui lui est arrivé, ils le recevront très mal et  refuseront de le croire. Lire la suite

FICTION, RÉALITÉ ET DESTIN DE L’OCCIDENT (Y. N. Harari)

Dans son évolution, le cerveau d’Homo Sapiens a grossi (1), il a inventé un langage qui lui était propre. Non plus des signes ou des expressions corporels, mais des sons articulés qui étaient sans relation avec son environnement. Ces sons désignaient une réalité qui n’était pas celle de la nature qui l’entourait : une réalité immatérielle. Il a communiqué une quantité d’informations sans rapport avec son contexte immédiat. Il ne s’est plus contenté de réactions utilitaires, il a bavardé.

Le bavardage humain échangeait des informations non seulement sur « ce qui est », mais sur ce que signifie ce qui est : des symboles et des valeurs, sources de socialisation. Le langage humain s’est mis à transmettre des informations sur ce qui n’est pas dans la nature qui l’entourait. Détachées de la réalité immédiate et triviale, ces informations étaient donc fictives.

La fiction nous a permis  d’imaginer des choses qui n’existent pas dans la nature, et de le faire collectivement. Partagées par un grand nombre, ce sont ces fictions qui ont permis à l’Homo Sapiens de dominer le monde. Le passage de la tribu restreinte à la collectivité s’est effectué grâce à ces fictions qui n’existent que dans l’imagination collective ; légendes, mythes, dieux, religions, lois économiques et sociales n’existent que dans les histoires que les gens inventaient, se racontaient, partageaient, et auxquelles ils soumettaient leur jugement et leurs actes. Lire la suite

LE RETOUR DES GUERRES DE RELIGION : comment en est-on arrivé là ? Quel avenir pour l’Occident ?

Dans l’Antiquité, plusieurs religions sont nées autour du bassin méditerranéen – d’abord en Égypte et à Babylone, puis en Grèce et dans l’Empire romain. Ces religions étaient polythéistes, et donc naturellement tolérantes : elles acceptaient sans mal de nouveaux dieux dans leur panthéon. Chez ces anciens empires, la religion ne jouait pas un rôle moteur. Certes, elle était garante de l’identité nationale, mais son emprise sur le déroulement de la vie politique était relativement secondaire.

Tout change avec l’apparition du monothéisme. Certains ont vu en lui l’origine de la sacralisation de la violence : je vous propose d’affiner cette analyse, en commençant par le peuple au sein duquel est né le monothéisme, le peuple hébreu. Lire la suite