Archives pour la catégorie LA PLANÉTE EN CRISE (Et nous, alors ?)

Quelques-unes des petites impasses dans lesquelles se débat notre planète, et nous avec.

LE VIEIL HOMME ET LA CLEF (Israël et la Palestine)

C’était au printemps 1978, des amis m’avaient offert un billet d’avion Paris – Tel-Aviv. L’État d’Israël était alors au faîte de sa puissance. Écrasé, l’OLP faisait silence : il n’y avait pas, il n’y avait plus de « question palestinienne ».

Je n’ai pas voulu quitter ce pays sans avoir fait à pied le même trajet que Jésus, de Jéricho à Jérusalem. Lire la suite

TOTALITARISME ET VÉRITÉ – L’ISLAM À LA CROISÉE DES CHEMINS

 Qu’est-ce que la vérité ? Cette question que Pilate pose à Jésus (1), elle a fait couler dans l’histoire de l’humanité plus de sang qu’aucune autre. C’est la mère des pires horreurs dont l’être humain s’est montré capable, la source de ses haines les plus tenaces et de ses crimes les plus monstrueux.

Le monothéisme père de l’intolérance Lire la suite

CORAN : UN BON CHRÉTIEN (JUIF) EST UN CHRÉTIEN (JUIF) MORT

« Saisissez-les, tuez-les partout où vous les trouverez » (1) : souvent répétée dans le Coran, cette injonction génocidaire vise explicitement les Juifs et les chrétiens. Pourquoi ?

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PEUT-ON ENCORE ESPÉRER ?

Depuis sa naissance, l’humanité s’est trouvée de bonnes raisons d’espérer.

1. La mort, espoir d’une vie

Le premier, Paul de Tarse a marqué le christianisme en enseignant que la vie ne vaut que par la mort, que le bonheur n’est pas ici-bas mais dans l’au-delà. La mort cessait d’être crainte pour être désirée : « Pour moi dit-il, mourir est un gain ». (1)

Il avait sans doute reçu cette philosophie d’abord de son éducation grecque. En milieu juif, elle s’était radicalisée dans les écrits esséniens qui associent la mort à un messianisme échevelé : mourir, pour les Fils de Lumière, c’est anticiper le retour du Messie et aller au paradis. J’ai montré que ces écrits étaient à l’origine de la mystique du chahid, le martyre pour Allah, inscrite en lettres de feu dans des versets du Coran qu’invoquent les islamistes. (2)

2. Heureuse souffrance Lire la suite

LES MUSULMANS DANS L’IMPASSE ? Pour une autre lecture du Coran.

En publiant Naissance du Coran au mois de mai dernier, je n’imaginais pas que ce petit livre serait à ce point rejoint par l’actualité. Ni que je vous résumerais aujourd’hui ces 140 pages qui synthétisent un siècle de recherche.

            L’islam est une religion sans autorité centrale, sans clergé hiérarchisé. Pas de pape ou de Dalaï-lama, pas de Conférence épiscopale, de Consistoire. Seulement des imams, autoproclamés ou désignés par une communauté qui peut les désavouer à tout instant.

            La seule autorité qui s’impose à tous les musulmans, pacifiques comme djihadistes, c’est le Coran et son Prophète. Il suffit de confesser le Prophète et de se soumettre au Coran pour devenir musulman.

            C’est pourquoi j’ai commencé, il y a dix ans, à étudier ce texte. Lire la suite

VOUS AVEZ DIT ‘’ ISLAMO-FASCISME’’ ?

J’entends des politiques & journalistes employer avec gourmandise un nouveau gargarisme, le mot composé « islamo-fascisme ». Ils s’en rincent les dents avec des mines effarouchées, à savoir qui fut le premier à oser l’employer…

            Aucun d’entre eux n’a lu Naissance du Coran, ni les études savantes d’où j’ai tiré ce savoureux petit essai. Comme ils n’ont pas besoin de savoir de quoi ils parlent pour parler, je répète ici (et je prends les noms de ceux qui n’écoutent pas).

            L’islam est né du Coran, et le Coran, quoiqu’en dise la légende musulmane, n’est pas né de rien.

           Tout est là. Lire la suite

Les musulmans dans l’impasse (IV) : LE MYTHE DES ORIGINES

            Parmi les réactions aux événements de janvier, plusieurs voix musulmanes, et non des moindres (le Président égyptien Al-Sissi, Dalil Boubakeur, des intellectuels) se désolidarisent des djihadistes : leur islam n’est pas le vrai islam !, clament-ils avec une unanimité assourdissante. Mais alors, où trouve-t-on le ‘’vrai islam’’ ?

            L’une des réponses à cette question est que l’islam a été perverti par la tradition (les hadîths). Il faut donc revenir aux origines de l’islam, faire retour à sa source, le Prophète et son enseignement à lui. Lire la suite

UTOPIE NAZIE, CHRÉTIENNE, ISLAMIQUE : la fin du monde

L’utopie mène l’humanité depuis ses origines, et elle la mène au chaos.

Ce qui la caractérise, c’est la volonté d’établir une société parfaite. Elle balance entre le rêve et le projet, l’imaginaire et le programme, entre u-topia (le lieu qui n’est pas) et eu-topia (le lieu du bien).

Au 6e siècle avant J.C., elle a pris en milieu juif une forme religieuse qui a marqué définitivement le destin de la planète : le messianisme (1). J’en ai retracé le parcours dans Naissance du Coran, mais nous partirons ici de son expression la plus récente, le nazisme (2). Lire la suite

ALLAH OU’AKBAR !

            Allah ou’Akbar, Dieu est grand ! D’où vient ce cri de ralliement des musulmans ?

            Il faut remonter très haut, jusqu’aux Esséniens – une secte juive dont les textes, écrits au tournant du 1er millénaire, ont été retrouvés dans les grottes de Qumrân. Lire la suite

PENSÉE UNIQUE, NOVLANGUE, FIN D’UN MONDE (II.)

Une enquête chiffrée publiée par Le Parisien (1) me permet de compléter l’article d’hier.

J’y reprenais des passages du roman 1984 de George Orwell, dans lequel il décrit la mainmise d’un Parti totalitaire sur la planète. C’est ce qui nous arrive aujourd’hui, sauf que le Parti n’a ni capitale, ni siège social, ni structures visibles.

Il a des militants : entre autres des géants de l’informatique (Microsoft, Facebook, Twitter…), des politiciens, des enseignants et leurs lobbys, des éducateurs, des médias.

Et des dizaines de millions d’adeptes répandus sur tous les continents : blancs ou colorés, éduqués ou non, riches ou pauvres… Ces adeptes n’ont en commun que deux points :

– ils ont moins de 30 ans, ou à peu près,

– et parlent la même langue (la novlangue). Pour l’instant ils sont encore bilingues, peuvent comprendre leur langue natale mais la parlent de moins en moins bien. On en voit qui ne connaissent plus que la novlangue, et ont l’air tout surpris si on leur parle « comme dans les livres » – qu’ils ne lisent pas, puisqu’ils sont écrits dans une langue qu’ils ne comprennent plus.

« Lire une conversation entre deux ados sur un réseau social, c’est un peu comme regarder une chaîne cryptée sans décodeur… un épais brouillard d’incompréhension vous empêche de bien capter… Ce n’est pas seulement le langage des ados, mais aussi celui des enfants de 9 à 12 ans que les plus grands ne parviennent plus à déchiffrer. » (1)

La novlangue est la nouvelle patrie des adeptes, c’est là qu’ils habitent et ils se sentent à l’étranger dès qu’ils en sortent. Cette patrie – leur habitat réel – est virtuelle : 91 % des 6-8 ans et 99% des 9-12 ans sont des accros du Web, ordinateur ou téléphone portable. Il arrive que des groupes de jeunes se trouvent réunis dans un même lieu, sans se regarder ni se parler : les yeux rivés sur l’écran, ils communiquent avec leur voisin qui se trouve à quelques mètres d’eux.

De la novlangue, 72 % des parents disent qu’ils comprennent moins de la moitié des mots. C’est un savant mélange d’abréviations, de smileys et d’expressions forgées par les adeptes.

Par exemple, 9% seulement des parents savent que « chiler » signifie « prendre du bon temps, que « gb » veut dire « gros Bill », terme péjoratif pour désigner quelqu’un de trop arrogant. Que « tfk » sert à demander « tu fais quoi ? », que « mdr » c’est « mort de rire ».

La langue traditionnelle d’origine est souvent l’anglais.Ainsi « yolo » veut dire « profites-en », mais il faut savoir que cela vient de you only live once, « on ne vit qu’une fois ». Quand à « bitcher », qui signifie « dire du mal de… », il vient de l’injure anglo-américaine son of a bitch, « fils de p… »

Et pourtant, très peu d’adeptes comprennent l’anglais…

Le Parisien donne un exemple de conversation novlangue :

« Wsh koi 2 9 ? – Ma besta ma traité de fdp – Épic ! Ma mer ma clashé osi + de sortie ! – Omg ! – Mdr ! Je vi1 qd mm 2m1. »

Traduit en français : « Bonjour. Quoi de neuf ? – ma meilleure amie m’a traité de fils de p… – Incroyable ! J’ai aussi eu une dispute avec ma mère. Je suis privée de sortie ! – Oh my god ! – Mort de rire ! Je viens quand même demain. »

Ceci, c’est la novlangue basique qu’on apprend vite, parce qu’elle est issue d’une langue traditionnelle connue.

Mais le domaine de prédilection de la novlangue, c’est la technique (2). Piqué au hasard du ouèb : « J’voulais customiser ma page, j’l’ai pimpée avec un plugin, mais faut qu’je change de portfolio. Y s’ra disponible en podcast, etc. » Tous les utilisateurs d’Internet (blogs, sites) ont dû d’abord consulter un dictionnaire pour comprendre ce langage.

Quelques conclusions (3) :

1) La novlangue n’est pas un langage à double sens. Au contraire, elle conduit l’esprit dans un sens unique. Rien de plus précis, de plus encadré, de moins équivoque.

2) Elle ne peut exprimer qu’une seule vérité à la fois : celle de la Pensée Unique.

3) Hors de la Pensée Unique, il n’y a pas de vérité exprimable.

4) Pour un adepte, ce sont les langues traditionnelles  qui l’induisent en erreur, puisqu’elles peuvent exprimer des sentiments ou une pensée à la fois complexe, nuancée et élaborée.

5) La novlangue n’est créée par personne en particulier, et c’est ce qui fait sa force. Ce sont les adeptes qui la créent, en inventant des termes ou des expressions qui deviennent à la mode. L’adepte est totalement soumis au diktat de la mode verbale, il ne peut plus penser autrement.

Je salue ceux qui sont restés comme moi échoués sur l’îlot isolé, abandonné, des langues natales traditionnelles dans lesquelles s’est exprimée une culture que j’ai aimée.

Avant de disparaître, des touropérators organiseront des visites pour savoir « comment c’était… avant ».

P.S. : Vous trouverez des liens avec le même thème dans le premier article, Pensée unique, novlangue, fin d’un monde (G. Orwell)

                                                   M.B., 11 février 2014

(1) Parlez-vous le Web des jeunes ?, dans Le Parisien du 11 février, p. 14. Résultats d’une enquête réalisée par l’Institut des mamans le 26 décembre 2013.

(2) Relisez l’article d’hier.

(3) extraites des commentaires au premier article.