LES POLITIQUES DANS LE CANIVEAU : JUSQU’OÙ TOMBERONT-ILS ? Laurent Wauquiez et Cie

 Dans la IVe comme dans la Ve République, les élus du peuple savaient qu’ils représentaient ce peuple. Ils parlaient en son nom, et au-delà à l’Europe, au monde. Les Français appréciaient d’être représentés par des hommes qui voyaient les choses d’en-haut, Même s’ils n’étaient pas d’accord, ceux den-bas aimaient la tenue des affrontements de leurs hommes politiques. Leurs mots n’étaient pas toujours les nôtres, mais ils venaient de loin, ils portaient loin parce qu’ils avaient du contenu. Ni attaque personnelle ni grossièreté, on savait se tenir, on était les héritiers d’une certaine élégance française.

 Et nous les petits, les sans-grade, on se sentait respectés, presque valorisés par les mots avec lesquels nos politiques allaient au combat. « Oui, c’est comme ça qu’on doit parler en notre nom ». Lire la suite

ISLAM « DE FRANCE » : POLITIQUES & MÉDIAS, IGNORANTS OU HYPOCRITES ?

C’est reparti ! Comme ses prédécesseurs, E. Macron veut « réorganiser complètement l’islam de France » :

« La question, c’est celle des rapports entre l’islam et la République… Je considère que nous devons nous inspirer fortement de notre histoire, celle des catholiques et des protestants. Un nouveau concordat ? Mon objectif en tout cas est de retrouver ce qui est le cœur de la laïcité, la possibilité de croire comme de ne pas croire… Nous travaillons à la structuration de l’islam de France et aussi à la manière de l’expliquer, ce qui est extrêmement important »  (1)

 Reprenons ces propos, l’un après l’autre.

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GAUCHISTES : LA DICTATURE DES MOTS

 Cela fait soixante ans que j’entends le même discours dans la bouche des gauchistes français. J’ai  cru d’abord qu’il avait été élaboré dans la fièvre de la Libération de 1945 – alors, c’étaient les communistes et les trotskystes -, pour m’apercevoir qu’il apparaît déjà (et pour la première fois) dans la conscience et la langue française après la prise de pouvoir des Jacobins sur la Convention, au début de l’été 1793. Lire la suite

UNE ANNÉE, MILLE ANNÉES…

On fête le Nouvel-an : c’est une tradition, à la fois nécessaire et dérisoire – comme toutes les traditions. Avec une bouffée de nostalgie on jette un regard en arrière, sur le chemin parcouru. Pourquoi revenir sur ce passé ? Le passé est mort, il n’existe plus. Le Bouddha Siddhârta l’avait bien compris, qui enseignait que seul l’instant présent existe. Prenez un crayon, faites-le tomber sur la table : jamais plus il ne retombera de la même façon. Si vous recommencez, ce sera une autre chute, un autre moment : le moment précédent est éteint à tout jamais. Lire la suite

FIN D’UNE CIVILISATION, OU FIN (d’une certaine) HUMANITÉ ?

 Quelque chose est en train de changer, sous nos yeux. Quelque chose qui ne s’est encore jamais produit dans la brève histoire de l’humanité

I. Nous autres civilisations savons que nous sommes mortelles Lire la suite

QUAND LES HOMMES PARLENT À DIEU : les Psaumes de David

 L’article précédent a montré que nous ne pouvons rien savoir de la nature de Dieu, de sa structure intime. Ne sachant de lui rien d’autre qu’il est ce qu’il est, on ne peut le nommer : seul Jésus a fait exception, en l’appelant ‘’Abba’’. Avant lui, comment pouvait-on s’adresser à quelqu’un dont on ne connaissait même pas le nom ? Lire la suite

MACRON À OUAGADOUGOU : CHAPEAU L’ARTISTE !

Première tournée en Afrique d’un président de la République française. Depuis De Gaulle c’est un exercice codifié, intouchable : à l’arrivée, trajet aéroport-palais présidentiel dans une décapotable, acclamé par une foule agitant des drapeaux français. Entretiens polis avec ses homologues africains, embrassés, flattés, cajolés, coconnés. Et surtout, rassurés : « oui, maman-France continuera de vous maintenir au pouvoir aussi longtemps que possible. » Ensuite, dans un salon doré à l’ambiance feutrée, devant des caméras muettes, déclaration pleine d’empathie de papa-président français : « L’Afrique (et le fric) je t’aime, tu m’aimes, on s’aimera toujours. » Enfin, retour vers l’aéroport sous les vivats des mêmes qu’à l’aller. La messe de la Françafrique a été dite, circulez.

Tous les prédécesseurs d’Emmanuel Macron ont respecté ce rituel millimétré.

Tous ? Oui, mais pas lui.  Lire la suite

À L’AMIE QUI VOULAIT CROIRE EN DIEU (sans y arriver) : petit traité d’anti-Athéologie

                         « Dieu ? Connais pas ».

                         « Dieu ? Rien à foutre ».

                        « C’uy-là ? M’en parlez pas ! Avec tout l’mal qu’y a sur terre

Pour les hommes et les femmes de l’antiquité, l’existence, la réalité de Dieu n’avait ni à être démontrée, ni à être justifiée. Elle était inscrite dans les fibres de leur être, c’était une évidence indiscutable, le pilier de la vie sociale. Dieu (ou les dieux) était aussi incontestable que la voute céleste ou le cycle des saisons. Le remettre en question était un crime. Tacite accusa les premiers chrétiens de propager « une superstition magique détestable » qui les rendait « odieux aux hommes comme aux dieux. » Bref, aujourd’hui on dirait qu’il les accusait d’athéisme. Ils furent livrés aux lions, car alors l’athéisme était inconcevable, et il le restera très longtemps.

Ayant dominé le monde pendant à peu près 4.000 ans, vers le XVIIIe siècle (certains disent même avant) Dieu a soudain disparu du paysage. Dissous dans l’air du temps, absorbé par le brouillard des idées, digéré dans l’intestin des non-idées. Tué par la Pensée, poignardé par la Non-Pensée.

 Pourtant, aujourd’hui encore Dieu rôde dans les esprits. Yuval Noah écrit que « Dieu semble de retour, mais c’est un mirage. Dieu est mort, c’est juste qu’il faut du temps pour se débarrasser du corps. » (1) Mais l’animal a la vie dure. Il se cache sous le splendide manteau de l’incroyance assumée, militante, orgueilleuse. « Dieu, on n’a plus besoin de toi ! » Mais un jour ou l’autre… Lire la suite

LE CHRISTIANISME, L’ISLAM ET LA CIVILISATION OCCIDENTALE : trajectoires du passé, impasses du présent (Conférence aux Centraliens)

 Le christianisme est en crise profonde, et avec lui l’identité de l’Occident. De son côté, l’islam revient en force. Peut-on y voir plus clair dans leur histoire croisée ? Mieux comprendre, pour mieux réagir ? Lire la suite

LE SUAIRE DE TURIN A-T-IL UN AVENIR ? Mieux comprendre la mort.

  Pendant longtemps, j’ai considéré le suaire de Turin avec méfiance et scepticisme. Ce morceau de tissu était censé avoir enveloppé le corps de Jésus après sa mort, et avoir conservé une saisissante empreinte de ce corps supplicié. Est-il authentique ? Pour répondre à cette question, aucun objet sur terre n’a été soumis à l’examen d’autant de savants croyants ou incroyants, appartenant à autant de disciplines, bardés d’autant d’instruments sophistiqués. Pour mettre fin aux passions, on décida en 1988 de lui faire subir l’épreuve ultime et décisive, la datation au carbone 14 qui devait donner la réponse définitive : supercherie, ou relique authentique ? Lire la suite