LE RETOUR DES GUERRES DE RELIGION : comment en est-on arrivé là ? Quel avenir pour l’Occident ?

Dans l’Antiquité, plusieurs religions sont nées autour du bassin méditerranéen – d’abord en Égypte et à Babylone, puis en Grèce et dans l’Empire romain. Ces religions étaient polythéistes, et donc naturellement tolérantes : elles acceptaient sans mal de nouveaux dieux dans leur panthéon. Chez ces anciens empires, la religion ne jouait pas un rôle moteur. Certes, elle était garante de l’identité nationale, mais son emprise sur le déroulement de la vie politique était relativement secondaire.

Tout change avec l’apparition du monothéisme. Certains ont vu en lui l’origine de la sacralisation de la violence : je vous propose d’affiner cette analyse, en commençant par le peuple au sein duquel est né le monothéisme, le peuple hébreu. Lire la suite

JÉSUS, L’ENQUÊTE : le film de Jon Gunn

 Je suis allé voir le film Jésus, l’enquête par conscience professionnelle. N’est-ce pas un sujet sur lequel je travaille depuis 40 ans ? Et je ne suis resté jusqu’au bout que parce que j’avais payé ma place de cinéma. Mal parti, dites-vous ? Voyons pourquoi. Lire la suite

PEUT-ON COMMUNIQUER AVEC LES MORTS ?

Au cours d’un repas, une amie, technicienne qualifiée, me raconte : le fils de sa belle-sœur est mort, jeune encore, dans des circonstances tragiques. Une personne qui ne connaissait pas la mère (et qui ignorait les circonstances du décès) parvient à lui faire dire par un tiers : « Votre fils m’a chargé de vous dire qu’il ne fallait pas être triste, que tout allait bien pour lui. » Puis la réceptrice du message ajoute des détails que seule la mère pouvait connaître.

Toute troublée, mon amie me demande : « Il n’y avait aucune relation entre la réceptrice du message et la maman du jeune homme mort. Qu’en penses-tu ? » Je lui raconte alors ce qui m’est arrivé : « Il y a 35 ans, ma mère est morte à 18 heures. Le soir de ce même jour, vers 22 heures, je n’arrivais pas à dormir quand j’ai entendu distinctement sa voix qui m’appelait d’une pièce voisine : « Michel, Michel ! » Je n’avais pas bu, j’étais bien éveillé, j’ai reconnu sa voix. Or le lendemain matin, ma sœur – parfaitement matérialiste et équilibrée -, me téléphone : « Hier soir, comme toi je n’arrivais pas à dormir et j’ai vu, distinctement, la silhouette de maman profilée sur le rideau de ma chambre. – Elle t’a parlé ? – Non, juste souri.  C’est dingue ! Je n’ose le dire à personne ». Lire la suite

LES POLITIQUES DANS LE CANIVEAU : JUSQU’OÙ TOMBERONT-ILS ? Laurent Wauquiez et Cie

 Dans la IVe comme dans la Ve République, les élus du peuple savaient qu’ils représentaient ce peuple. Ils parlaient en son nom, et au-delà à l’Europe, au monde. Les Français appréciaient d’être représentés par des hommes qui voyaient les choses d’en-haut, Même s’ils n’étaient pas d’accord, ceux den-bas aimaient la tenue des affrontements de leurs hommes politiques. Leurs mots n’étaient pas toujours les nôtres, mais ils venaient de loin, ils portaient loin parce qu’ils avaient du contenu. Ni attaque personnelle ni grossièreté, on savait se tenir, on était les héritiers d’une certaine élégance française.

 Et nous les petits, les sans-grade, on se sentait respectés, presque valorisés par les mots avec lesquels nos politiques allaient au combat. « Oui, c’est comme ça qu’on doit parler en notre nom ». Lire la suite

ISLAM « DE FRANCE » : POLITIQUES & MÉDIAS, IGNORANTS OU HYPOCRITES ?

C’est reparti ! Comme ses prédécesseurs, E. Macron veut « réorganiser complètement l’islam de France » :

« La question, c’est celle des rapports entre l’islam et la République… Je considère que nous devons nous inspirer fortement de notre histoire, celle des catholiques et des protestants. Un nouveau concordat ? Mon objectif en tout cas est de retrouver ce qui est le cœur de la laïcité, la possibilité de croire comme de ne pas croire… Nous travaillons à la structuration de l’islam de France et aussi à la manière de l’expliquer, ce qui est extrêmement important »  (1)

 Reprenons ces propos, l’un après l’autre.

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GAUCHISTES : LA DICTATURE DES MOTS

 Cela fait soixante ans que j’entends le même discours dans la bouche des gauchistes français. J’ai  cru d’abord qu’il avait été élaboré dans la fièvre de la Libération de 1945 – alors, c’étaient les communistes et les trotskystes -, pour m’apercevoir qu’il apparaît déjà (et pour la première fois) dans la conscience et la langue française après la prise de pouvoir des Jacobins sur la Convention, au début de l’été 1793. Lire la suite

UNE ANNÉE, MILLE ANNÉES…

On fête le Nouvel-an : c’est une tradition, à la fois nécessaire et dérisoire – comme toutes les traditions. Avec une bouffée de nostalgie on jette un regard en arrière, sur le chemin parcouru. Pourquoi revenir sur ce passé ? Le passé est mort, il n’existe plus. Le Bouddha Siddhârta l’avait bien compris, qui enseignait que seul l’instant présent existe. Prenez un crayon, faites-le tomber sur la table : jamais plus il ne retombera de la même façon. Si vous recommencez, ce sera une autre chute, un autre moment : le moment précédent est éteint à tout jamais. Lire la suite

FIN D’UNE CIVILISATION, OU FIN (d’une certaine) HUMANITÉ ?

 Quelque chose est en train de changer, sous nos yeux. Quelque chose qui ne s’est encore jamais produit dans la brève histoire de l’humanité

I. Nous autres civilisations savons que nous sommes mortelles Lire la suite

QUAND LES HOMMES PARLENT À DIEU : les Psaumes de David

 L’article précédent a montré que nous ne pouvons rien savoir de la nature de Dieu, de sa structure intime. Ne sachant de lui rien d’autre qu’il est ce qu’il est, on ne peut le nommer : seul Jésus a fait exception, en l’appelant ‘’Abba’’. Avant lui, comment pouvait-on s’adresser à quelqu’un dont on ne connaissait même pas le nom ? Lire la suite

MACRON À OUAGADOUGOU : CHAPEAU L’ARTISTE !

Première tournée en Afrique d’un président de la République française. Depuis De Gaulle c’est un exercice codifié, intouchable : à l’arrivée, trajet aéroport-palais présidentiel dans une décapotable, acclamé par une foule agitant des drapeaux français. Entretiens polis avec ses homologues africains, embrassés, flattés, cajolés, coconnés. Et surtout, rassurés : « oui, maman-France continuera de vous maintenir au pouvoir aussi longtemps que possible. » Ensuite, dans un salon doré à l’ambiance feutrée, devant des caméras muettes, déclaration pleine d’empathie de papa-président français : « L’Afrique (et le fric) je t’aime, tu m’aimes, on s’aimera toujours. » Enfin, retour vers l’aéroport sous les vivats des mêmes qu’à l’aller. La messe de la Françafrique a été dite, circulez.

Tous les prédécesseurs d’Emmanuel Macron ont respecté ce rituel millimétré.

Tous ? Oui, mais pas lui.  Lire la suite